15 juin 2009
Natalie Jean: Je jette mes ongles par la fenêtre
Le titre, Je jette mes ongles par la
fenêtre, m’avait laissée dubitative. On
me l’a gentiment expliqué : en plus de référer à la dernière phrase d’un
des nouvelles du recueil, Détails, il s’agit d’une allusion à la liberté que
retrouve un personnage après une relation étouffante.
Ce sentiment de liberté transparaît partout au fil des pages de ce délicieux recueil de nouvelles qui se révèle une excellente lecture estivale. Sentiment de liberté, oui. Mais plus. Profondeur. Amitié, amour, sensualité. Le tout, ancré dans les décors de la ville de Québec, est porté par une écriture riche et musicale et parfois très poétique. De belles images, au fil des phrases. Des clins d’œil, des sourires :
« (…) tapage de vie qui monte de la
ruelle, ça rigole, ça rit fort, ça crie, ça barbouille de couleurs le son gris. »
(Contraste, p. 31) « L’eau
rencontre le feu et la mer se met à bouillir, le monde redevient un tout et
nous sommes en plein centre. » (Fruit mûr, p. 47)
Pour lire la suite du commentaire, c'est ici.
Je vous invite aussi à lire les autres points de vue des participants de la Recrue du mois, ici.
12 juin 2009
Percée de soleil
Me revoilà face à face avec mon écran, mon clavier.
De retour à Janus, après les longs et sinueux détours que j'ai pris cet hiver. Dans ma vie. Mon âme.
Maintenant, plus de faux-fuyant: je dois écrire.
Je réalise qu'il me faut m'astreindre à une certaine discipline. Me forcer à rester assise. Devant l'écran. Écrire. Éviter les distractions, innombrables, qui ponctuent mes heures.
Écrire. Réécrire.
Car je réécris.
Je laisse derrière moi l'idée d'autofiction. Retour à un personnage principal à la troisième personne, le même principe que dans Enthéos. On suit donc la tourmente du personnage central, une femme, à travers un narrateur intérieur, mais pas un "je".
Satisfaction de me sentir de nouveau "inspirée". Un peu.
Comme une percée de soleil.
Photo prise ici: http://www.paulvitrail.fr/La-restauration-de-la-porte
07 juin 2009
Montée vers le purgatoire
Je poursuis ma remontée vers la lumière en compagnie de Dante et de Virgile:
"L'heure venait qui plie à lent désir
les naviguants, et leur coeur s'attendrit
du jour qu'ils ont douce amitiée laissée;
alors, les sons d'une cloche lointaine
blessent d'amour le pélerin nouvel,
comme pleurants la clarté qui se meurt."
Dante, La Divine comédie, Purgatoire, chant VIII, 1-6. Traduction d'André Pézard.
Illustration: Dante et Virgile, gravure de Gustave Doré.
02 juin 2009
Jeux de portes
Lors de mon congrès de l'APHCQ la semaine dernière, je devais assister à un atelier intitulé "Aux origines de l'État-Providence: Femmes et démocratie en Occident". Or, arrivée quelques minutes en retard, je me suis heurtée à une porte verrouillée.
Zut!
Ne voulant pas déranger l'assemblée comme une mauvaise étudiante retardataire, je me suis dirigée vers l'autre local où se tenait l'atelier "Les entrées royales du Moyen Âge au XVIIe siècle. Évolution et efficacité de la cérémonie."
La porte du local était grande ouverte.
Lorsque j'avais rempli mon inscription au congrès et choisi mes ateliers, ce titre m'avait laissée dans une indifférence totale. Or, c'était sans me douter de toute la force symbolique que j'allais découvrir au fil de cet exposé portant sur l'entrée des rois dans les villes du Moyen Âge, cérémonies et rituels fortement inspirés des traditions romaines, notamment lors des entrées en charge des consuls lors des Ides de janvier, sous la République.
Quoi? Vous ne voyez pas de lien ici?
Eh bien, c'est Janus qui est venu se manifester à mon esprit!
Oh! Salutaire inspiration! J'ai griffonné un bon quatre pages de notes dans un état de ravissement intellectuel qui m'a ragaillardie.
Et dire qu'une porte fermée m'a simplement redirigée sur le chemin de l'inspiration...
Source de l'image: http://finucan.com/Foreign/Italy/Rome/rome-arc2.jpg
26 mai 2009
Art-thérapie
Inspiration du moment. Une journée de marche dans les rues du Vieux-Port. Un coup de coeur pour un artiste que j'adore. Un titre évocateur: Journée de bonheur. Journée que l'on souhaite symbolique de celles qui s'en viennent. Parce que la vie n'est pas toujours facile. Elle est vache. Comme elle peut être belle. Très belle.
Journée de bonheur.
Comme un feu de brousse. Comme un paysage ardent. Un souffle chaud.
Je ne me lasse pas, maintenant qu'elle est mienne, de la contempler.
Illustration: André Pleau, Journée de bonheur, 2009. Huile sur toile (60x72)
24 mai 2009
Je suis en enfer...
... aux côtés de Dante et Virgile!
J'ai commencé la lecture d'un grand classique de la littérature occidentale, La divine comédie de Dante. Et contrairement à ce que laisse présager le titre de ce billet, la lecture est tout sauf infernale! De bons moments en perspective, en compagnie de mon Amoureux. Car il s'agit d'un projet de lecture commun. Notre mini cercle de lecture, si on veut.
Image: portrait de Dante par Giotto (1267-1337).
16 mai 2009
Les couleurs de la souffrance
Ramasser les morceaux de ma vie. Les rassembler. Les assembler.
Me reconstruire. À partir de ces fragments épars.
Éclats de verre. Couleurs, textures. Autant d'impressions laissées dans mon âme.
Un vitrail intérieur.
Où passera la lumière. À travers moi.
29 avril 2009
Ventes
Je sais que je vais enfin en faire saliver: voici des chiffres, amis lecteurs!
Du vrai de vrai! Du concret!
C'est fou comme ça intéresse les gens, ça: les ventes de livres. Quand on parle autour de soi qu'on a publié un bouquin, c'est une des premières questions qu'on se fait poser (après, je l'avoue, le fameux "Ça parle de quoi?" Question à laquelle j'ai toujours un peu de difficulté à répondre, mais j'y travaille Éric!), soit: "Combien en as-tu vendus?" Ou, parfois plus subtilement: "Ça se vend bien?"
"Bien"...
C'est quoi, pour un livre, se vendre "bien"?
Ça dépend de beaucoup de choses, et des spécialistes vous en parleraient mieux que moi.
Cependant, en ce qui me concerne, je répondrais que "bien", pour moi, c'était d'atteindre les objectifs que je m'étais fixés (mentalement), soit vendre plus de 500 exemplaires (la moyenne des ventes pour un premier roman d'un inconnu, au Québec, se situant autour de 300 exemplaires).
Alors qu'est-ce ça donne?
Mon éditeur m'a envoyé la semaine dernière mon relevé de ventes du 1er décembre 2007 au 30 novembre 2008. Enthéos est sorti en librairie le 19 août, donc il s'agit des ventes faites en trois mois et demi.
Total: 823!
Ah, je sens les questions affluer, notamment sur le mirobolant profit que j'ai réalisé sur ces époustouflantes ventes. Calculez par vous-mêmes: je touche 2.23$ par exemplaire vendu.
Pas mal, hein?
Mais rien qui vienne me convaincre de laisser tomber mon boulot de prof. Que nenni! Et ce même si l'enseignement prend trop souvent le pas sur l'écriture. Ça reste mon pain et mon beurre.
Oh... et pour les vrais mordus (ou les gens terre à terre, il doit bien y en avoir parmi vous): amusez-vous à calculer le salaire horaire que j'ai fait (mes 32 jours x 8 heures+ une autre centaine d'heures de réécriture et retravail, relecture, etc.). On peut toujours se consoler: au Québec, les droits d'auteur sont libres d'impôt jusqu'à 7000$. On comprendra aisément l'importance des programmes d'aide (Conseil des Arts et bourses de tout acabit) pour soutenir la vie littéraire au Québec!
Chez Béo et ses Helvètes
La preuve irréfutable que je suis décrochée de la blogosphère depuis les dernières semaines: j'étais passée à côté de ce billet!
Fort heureusement, Béo, que je fréquente virtuellement depuis maintenant près de deux ans, soit depuis mes débuts de blogueuse sur Soleil en tête, a "senti" que quelque chose n'allait pas et m'a avertie qu'elle avait mis en ligne son appréciation d'Enthéos et je l'en remercie!
C'est très touchant de voir à travers les yeux des autres le chemin qui a été le nôtre. Dans le cas de Béo qui a vu "naître" Enthéos des tout premiers jets sur papier, en passant par la recherche d'un éditeur et jusqu'à mes débuts dans le monde littéraire, c'est un regard très englobant qu'elle jette sur cette aventure. Et le roman (qu'elle a lu lors de ses vacances en Tunisie) semble lui avoir plu!
Merci Béo!
27 avril 2009
Ici et là, sur la blogosphère
Merci à Venise pour m'avoir avertie de l'existence du billet de Christian Boisvert paru sur le site du Voir. Il semble avoir aimé Enthéos presque contre lui-même! C'est, somme toute, une bonne critique.
Pour la lire, c'est ici:
http://www.voir.ca/blogs/christian_boisvert/archive/2009/04/21/livre-quot-enth-233-os-quot-par-julie-gravel-richard-passion-litt-233-raire.aspx
Et merci également à Phil et Caro[line] qui m'ont signalé la très belle appréciation de Leiloona sur son blogue Bricabook. C'est ici:
http://leiloona.canalblog.com/archives/2009/04/15/13369783.html




