CALQ2c

Dans son édition des samedi 17 et dimanche 18 mai derniers, Le Devoir consacrait un cahier "Arts et lettres" aux 20 ans du CALQ, le Conseil des Arts et des Lettres du Québec, soulignant le contexte de la création, l'évolution et les nouveaux défis de cet organisme névralgique pour la culture québécoise.

C'est bien connu, une certaine droite néo-libérale fustige les fonds publics "gaspillés" pour les artistes qui, selon cette vision, devraient se soumettre à la loi du marché. Que le meilleur gagne. Tant pis pour le reste. Si un artiste n'est pas capable de gagner sa vie grâce à son art, il devrait comprendre le message... le public n'en veut pas!

Heureusement, jusqu'à maintenant, et malgré des nuages sombres annoncés par le nouveau gouvernement libéral, la culture au Québec demeure une priorité qu'on décide, collectivement, de soutenir. Car nombreuses sont les preuves qu'une société qui encourage sa culture s'enrichit, même si cette "richesse" est parfois difficile à mesurer. 

J'ai eu l'an dernier le privilège de bénéficier d'une bourse du CALQ, destinée à encourager la relève en littérature. Et j'ai pu constater, concrêtement, son efficacité. Car dans mon cas, au delà de l'argent, c'était une reconnaissance de mon travail qu'on me donnait. Une confiance. Soudainement, ma société, le Québec, par l'entremise d'un comité d'évaluation, m'a dit, un chèque à l'appui: "Écris. Nous croyons en toi."

Évidemment, avec cet honneur vient la pression. Pas de faux-fuyant. On doit rendre des comptes. Lors de ma demande de bourse, j'avais un manuscrit avancé, qui demandait à être terminé, et retravaillé. Alors j'ai écrit. J'ai réécrit. Et je réécris encore, même si le projet pour lequel j'ai obtenu la bourse a été jugé satisfaisant, au bout de l'année qu'on m'avait accordée. Pour moi, tant que ce roman n'est pas terminé (et éventuellement publié!), je continue de me sentir redevable au Conseil des arts et des Lettres du Québec, à ma société.

Et je tiendrai parole.

Je veux donner raison au CALQ d'avoir cru en moi. En mon travail d'écrivaine de la relève.