25 juin 2009
Partir
Laisser derrière soi le train-train quotidien. Le confort. Les habitudes. Les proccupations. L'angoisse.
Partir. Prendre le large. Respirer la mer. Le soleil.
Retrouver les ruines antiques, la terre des poètes et des philosophes.
Me retrouver.
Moi.
23 juin 2009
Lectures de voyage
Ah... avoir du temps pour lire! Voilà ce que signifie pour plusieurs mordus de lecture l'évocation du mot "vacances"!
Mais quand on part en voyage "lecture" prend d'autres significations.
D'abord, "quoi" lire? Quand on sait que les livres lus dans un contexte de voyage teinteront une partie des souvenirs qu'on y associera par la suite, ce n'est pas anodin. Par exemple, j'associe maintenant Ensemble, c'est tout d'Anna Gavalda à mon retour en avion de Barcelone, puisque j'avais alors presque entièrement lu ce roman. Comme il s'agit de "vacances", après tout, j'aimerais quelque chose de léger sans être dénué de profondeur. Quelque chose qui captera mon attention néanmoins (surtout pour vaincre mes craintes de l'avion!) sans me demander non plus trop de concentration.
Et puis, comme il faut trouver de la place pour tout ce papier, il faut penser "format" et "poids"! Format poche, il va sans dire. Mais certains petits livres peuvent peser un poids surprenant. Bref, il faut trouver la combinaison parfaite: sujet léger mais substanciel, format et poids pratiques...
Oh, le beau problème au moment de mettre la touche finale à mes bagages... À quoi associerai-je mon voyage en Grèce? La première fois que j'y suis allée, j'avais relu Fanfan d'Alexandre Jardin, emprunté à une copine de voyage (je ne me souviens même plus si j'avais apporté des livres à moi...). Maintenant, je regarde ma pile et hésite à faire mon choix.
Voilà ce qui est actuellement sur la balance:
Cet imperceptible mouvement de Aude. Tout petit format, mince et poids plume. Des nouvelles à siroter au bord de la mer...
La mort de Virgile, de Hermann Broch: format un peu plus gros que poche... sujet un peu lourd et poids moyen.
La triologie new-yorkaise de Paul Auster: format poche, poids correct. Livre déjà lu en partie (je pense le terminer lors du vol Montréal-Athènes).
Seul dans le noir de Paul Auster. Format long et mince typique de chez Actes Sud. Super léger.
L'Évangile selon Pilate d'Éric Emmanuel Schmitt. Format et poids parfaits. Sujet intéressant, traité sans lourdeur.
Un loup est un loup de Michel Folco. Le goût de découvrir cet auteur qui m'intrigue, ne serait-ce que pour comprendre la folie autour de son oeuvre. Format poche, mais poids lourd.
Pourquoi la Grèce? de Jacqueline de Romilly. Format et poids parfaits. Sujet parfait. Un livre que j'ai lu et relu, mais jamais en entier. 
Que faire? Les apporter tous? Et vous, comment fonctionnez-vous pour choisir vos lectures de voyage?
Dans la revue Québec français
Alex Noël, dans la revue Québec français, fait une critique équilibrée d'Enthéos. Même s'il relève les faiblesses du roman (le sujet de la quête du bonheur qu'il trouve "plutôt récurrent", et certains passages comme les cauchemars qu'il dit "un peu plaqués"), ainsi va son appréciation:
(...) "Gravel-Richard possède un style attrayant. Tant les nombreuses phrases incisives que les scènes dans la ville de Québec parviennent à créer une atmosphère poétique et chaleureuse. Le lecteur s'identifie rapidement au personnage et l'intrigue comporte de nombreuses références intertextuelles, comme autant de miettes de pain semées sur sa route. Les clins d'oeil tantôt aux auteurs de l'Antiquité, tantôt à Gide, mais surtout la façon si judicieuse de les inclure dans la quête du personnage font la richesse de ce roman.
À peine quelques pages et, de par la capacité de l'auteure à puiser dans le passé de l'Homme pour répondre aux problèmes du présent, on sait déjà que l'on tient entre les mains un récit intemporel. On sait aussi dès lors qu'il faudra se munir d'un crayon pour noter ses propres réflexions enfantées par la lecture elle-même. Enthéos est un roman parfois cliché, certes, mais un roman d'abord et avant tout profondément humain duquel on ne sort pas indifférent."
Québec français, été 2009, no 154, p. 12-13.
22 juin 2009
Fonds de tiroirs
Ah, le mythe du manuscrit dormant au fond d'un tiroir!
Beaucoup de gens en ont un, c'est vrai. Gardé comme un secret. Ce roman, ce recueil, cette pile de poèmes... Qu'en faire, en réalité? Y retravailler? Le jeter? Tenter de l'oublier?
Et les années passent.
J'ai dans mes cartons un vieux manuscrit. En fait, il s'agit de mon tout premier roman, écrit entre 2005 et 2006. Avant Enthéos. Né après mais écrit avant, il tient une place un peu inconfortable dans mon esprit. Assis entre deux chaises.
Ce manuscrit a été lu, ici et là. On l'a refusé partout où il a été envoyé, mais pas toujours du revers de la main. Pas mauvais, m'a-t-on dit. Mais pas prêt. Il y manque un "quelque chose".
Et comme je travaillais sur Enthéos et que cela me demandait toute mon énergie, monopolisait tout mon enthousiasme, j'ai laissé reposer cette histoire, un roman fleuve (où d'ailleurs l'eau tient une place centrale) dont l'action se passe en une seule soirée, inspiré du roman Mrs Dalloway de Virginia Woolf.
Mais voilà qu'on manifeste de la curiosité pour ce roman. Mon directeur littéraire souhaite y jeter un oeil, question de me donner son avis, de voir s'il y a quelque chose à en tirer. Cerner où sont ses forces et ses faiblesses.
Alors j'ai farfouillé dans mon bureau, retrouvé une copie papier du roman. L'ai relu, évidemment. Par bribes. Parfois par pages entières. Quelques belles surprises. De beaux passages qui ne me déçoivent pas. Certains autres qui mériteraient d'être réécrits ou resserrés.
Mais dans l'ensemble, dans l'essence même de ce roman, le thème que je souhaitais aborder à travers lui, je suis satisfaite.
Cela veut-il dire que ce soit publiable? Pas nécessairement. Car il ne suffit pas que l'auteur apprécie son propre texte (une relation fondamentalement narcissique), mais il faut que le texte soit accessible et intéressant pour d'autres lecteurs. Il faut ce "plus", si insaisissable et si essentiel.
Pour l'instant, voyons ce qu'en pensera Éric...
Illustration: Nature morte au tiroir ouvert, de Paul Cézanne. Musée d'Orsay.
19 juin 2009
La "relève" littéraire
Hier, j'ai assisté à l'échange sur la relève littéraire organisé par l'Institut canadien, mais plus particulièrement dans le cadre du programme Première ovation en arts littéraires.
Premier constat sur la vingtaine de participants: la plupart provenaient du milieu universitaire, c'est-à-dire que (selon mon estimation au pif) les deux-tiers étaient des étudiants en création littéraire de l'université Laval qui terminaient une maîtrise, avec l'oeuvre qui vient avec, en bout de ligne (roman, pour une majorité). Autre constat: plus de gars que de filles. À vue de nez, un tiers/deux tiers. Six personnes avaient déjà publié dans une maison d'édition reconnue (nouvelles, poésie et roman).
La rencontre a débuté par la présentation de la Maison de la littérature et du programme Première ovation en arts littéraires. Il a été question des services qu'offrirait la Maison, mais aussi du profil des auteurs de la région de Québec et des métiers d'avenir liés à l'écriture (la plupart étant reliés aux nouvelles technologies).
Dans la région, en 2005, seuls 7.6% des auteurs étaient âgés de moins de 44 ans, comparativement à 54.6% des auteurs montréalais. Ce qui veut dire que les jeunes partent massivement vers Montréal (ici, pas de surprise...). Comment donc garder les jeunes auteurs à Québec? C'est là-dessus qu'on souhaitait nous entendre.
Le programme Première ovation en arts littéraires présente plusieurs volets: mentorat, classes de maîtres, activités de formation sur le métier d'écrivain, promotion et diffusion de la relève littéraire et prêt de ressources techniques. Or, LA grande question fut tout de suite soulevée: qu'entend-on par "relève"?
Qu'est-ce que la relève? Est-ce lié à l'âge de l'auteur? Par exemple, le mentorat s'adressera aux moins de 35 ans (tant pis pour moi...). Mais un auteur qui écrit une première oeuvre passé cet âge ne fait-il pas partie de la "relève"? Et comment compte-t-on les oeuvres? En poésie, un poème= une oeuvre? En nouvelle aussi? Parle-t-on de recueil, alors? Ou si chaque publication dans une revue sera considérée?
Des propositions ont été faites. Comme celle d'avoir publié deux livres pour être considéré comme en "mi-carrière". Car une seule oeuvre publiée peut aussi relever d'un coup de chance. Le fait de récidiver établissant une certaine expérience.
Et puis, en bout de ligne, je me suis rendu compte qu'il y a un clivage entre ceux qui aspirent à devenir écrivain et à publier et ceux qui ont passé cette étape. Beaucoup de questionnements trouvent leur réponse quand on vit un processus d'édition et de diffusion.
Maintenant, moi, comment me vois-je? Comme la "relève"? Pas hier, en tout cas! Je me sentais comme une "vieille de la vieille", à écouter des jeunots oscillant entre le rêve et la désillusion. En voyant que les programmes ne m'incluaient pas vraiment. Et qu'en plus, comme 60% des auteurs, ce n'est pas écrire qui me permet de gagner ma vie, mais un autre emploi.
Bref, une rencontre qui m'a permis d'avoir un son de cloche d'un milieu que je ne connais pas beaucoup. Et de voir comment s'enlignait ce très beau projet de Maison de la littérature.
L'illustration vient d'ici.
16 juin 2009
Rencontre sur la relève littéraire
J'ai reçu récemment une invitation de l'Institut canadien à participer à une rencontre de jeunes auteurs de la région de Québec, afin de discuter des besoins de la relève littéraire.
Je n'ai que peu d'informations concernant cette activité, mais il s'agit d'une initiative entourant le projet de Maison de la littérature mis sur pied par l'Institut canadien et la Ville de Québec.
Maintenant, pour me préparer à la discussion, je me questionne un peu sur les attentes que j'ai, moi, en tant que "jeune auteure". Quels sont mes besoins? Du temps pour écrire? Ça oui. Ça implique donc des fonds pour me permettre de prendre congé ou de diminuer ma tâche d'enseignement. Ensuite quoi? Pour ma part, parce que je n'ai pas beaucoup de connaissances théoriques sur l'écriture en tant que telle (oui, j'ai une formation en littérature ancienne et des rudiments sur l'écriture, héritage de mon passage en lettres au cégep, mais c'est peu), j'aimerais des ateliers, ou du mentorat avec des auteurs reconnus. Et puis quoi? Plus de liens avec le public? Des rencontres organisées, des conférences? Peut-être.
Et puis, j'ai hâte d'entendre aussi ce que les autres participants auront à dire, selon leur réalité. Leur vécu.
Une chose est sûre, ces derniers temps, ça bouge côté culture dans la Ville de Québec. De beaux projets en chantier, de belles idées. En espérant que les résultats seront concrets!
La rencontre sur la relève littéraire se tient jeudi le 18 juin à la Bibliothèque Gabrielle-Roy. Je vous tiens au courant de ce qui en ressortira.
***
Avis aux amoureux du livre de tous acabits (auteurs, lecteurs, artisans du livre, libraires, etc.), la 3e rencontre de Québec se livre aura lieu elle aussi le 18 juin! Pour les détails, c'est ici!
Illustration: Les plans de la future Maison de la littérature, sise dans le Vieux Québec, dans le Temple Wesley. Source: Cyberpresse.ca
Québec se livre
Discuter bouquins, passion lecture, écriture... Ça vous dit? Le tout dans une ambiance sympathique et un cadre informel...
C'est ce que vous propose Québec se livre, une initiative de quelques mordus des livres et de l'édition (pour ne pas nommer mon éditeur, Gilles Herman), inspirés de ce qui se faisait du côté montréalais.
Bref, une fois par mois, au Cercle de la rue Saint-Joseph, un 5 à 7 a lieu et tous les amoureux des livres, qu'ils soient lecteurs, éditeurs, artisans, auteurs, etc. sont les bienvenus.
La rencontre de juin a lieu jeudi, le 18 juin à 17h. C'est ouvert à tous... et j'y serai (dès que ma rencontre sur la relève littéraire sera terminée!).
Le Cercle
228, rue St-Joseph Est
Québec, Qc
418.948.8648
15 juin 2009
Natalie Jean: Je jette mes ongles par la fenêtre
Le titre, Je jette mes ongles par la
fenêtre, m’avait laissée dubitative. On
me l’a gentiment expliqué : en plus de référer à la dernière phrase d’un
des nouvelles du recueil, Détails, il s’agit d’une allusion à la liberté que
retrouve un personnage après une relation étouffante.
Ce sentiment de liberté transparaît partout au fil des pages de ce délicieux recueil de nouvelles qui se révèle une excellente lecture estivale. Sentiment de liberté, oui. Mais plus. Profondeur. Amitié, amour, sensualité. Le tout, ancré dans les décors de la ville de Québec, est porté par une écriture riche et musicale et parfois très poétique. De belles images, au fil des phrases. Des clins d’œil, des sourires :
« (…) tapage de vie qui monte de la
ruelle, ça rigole, ça rit fort, ça crie, ça barbouille de couleurs le son gris. »
(Contraste, p. 31) « L’eau
rencontre le feu et la mer se met à bouillir, le monde redevient un tout et
nous sommes en plein centre. » (Fruit mûr, p. 47)
Pour lire la suite du commentaire, c'est ici.
Je vous invite aussi à lire les autres points de vue des participants de la Recrue du mois, ici.
12 juin 2009
Percée de soleil
Me revoilà face à face avec mon écran, mon clavier.
De retour à Janus, après les longs et sinueux détours que j'ai pris cet hiver. Dans ma vie. Mon âme.
Maintenant, plus de faux-fuyant: je dois écrire.
Je réalise qu'il me faut m'astreindre à une certaine discipline. Me forcer à rester assise. Devant l'écran. Écrire. Éviter les distractions, innombrables, qui ponctuent mes heures.
Écrire. Réécrire.
Car je réécris.
Je laisse derrière moi l'idée d'autofiction. Retour à un personnage principal à la troisième personne, le même principe que dans Enthéos. On suit donc la tourmente du personnage central, une femme, à travers un narrateur intérieur, mais pas un "je".
Satisfaction de me sentir de nouveau "inspirée". Un peu.
Comme une percée de soleil.
Photo prise ici: http://www.paulvitrail.fr/La-restauration-de-la-porte
07 juin 2009
Montée vers le purgatoire
Je poursuis ma remontée vers la lumière en compagnie de Dante et de Virgile:
"L'heure venait qui plie à lent désir
les naviguants, et leur coeur s'attendrit
du jour qu'ils ont douce amitiée laissée;
alors, les sons d'une cloche lointaine
blessent d'amour le pélerin nouvel,
comme pleurants la clarté qui se meurt."
Dante, La Divine comédie, Purgatoire, chant VIII, 1-6. Traduction d'André Pézard.
Illustration: Dante et Virgile, gravure de Gustave Doré.
