Écrivains de Québec... réactifs
À Québec, dans le sillage du Salon International du Livre en avril, une déclaration malheureuse du directeur général du SILQ, monsieur Philippe Sauvageau, a fait réagir plusieurs écrivains de la Capitale.
Alors interrogé sur la pertinence d'avoir nommé, pour une troisième fois, Dany Laferrière président d'honneur de l'événement, monsieur Sauvageau a répondu que "comme président d'honneur, on essaie d'avoir un auteur québécois qui soit très connu et qui ait une propension à parler facilement, quelqu'un qui aime parler au monde. Si on avait quelqu'un comme ça à Québec, on le prendrait".
Évidemment, cela sous-entend que des écrivains de Québec qui ont une propension à parler facilement, qui aiment parler au monde (et connus!), on n'en a pas.
Pantoute, pantoute.
Point barre.
Eh bien, un collectif d'écrivains réagit et tente d'établir un dialogue avec les responsables de l'organisation du SILQ, ne serait-ce que pour donner une meilleure visibilité à la littérature de Québec, bien vivante, et animée par des gens de passion... parmi lesquels, j'en suis sûre, se trouvent bien des candidats tout à fait capables de "parler au monde"!
En espérant que nos efforts feront bouger un peu les choses!
Image: fresque à l'arrière de la Bibliothèque Gabrielle-Roy, réalisée lors du 20e anniversaire de l'édifice. Bel hommage aux écrivains et éditeurs d'ici! Source: Claude Yvonne (Les monuments de Québec)
Transformer un blogue en livre
Ces jours-ci, je travaille sur le manuscrit de Soleil en tête, mon blogue mis en ligne en août 2006 relatant les péripéties que j’ai vécues, au jour le jour, avec les traitements de ma tumeur au cerveau.
C’est mon directeur littéraire, Éric Simard, qui est revenu sur cette idée, alors que la tumeur se réveillait, et que je me suis mise à alimenter à nouveau mon carnet. Lui-même n’avait que peu lu Soleil en tête, et il le découvrait tout à coup sous un angle nouveau.
Je n’avais aucune idée du temps que cela me prendrait pour faire un document entier à partir de tous mes billets. Finalement, une bonne journée de « copier-coller » intensive a suffi. Restait à nettoyer tous les billets non pertinents au thème central (la tumeur, les traitements, les hauts et les bas qui y sont reliés). C’est fait.
Je rencontrais Éric lundi dernier pour discuter de ce qui allait être coupé, retravaillé. Il m’a suggéré de serrer de près ce qui touche à la maladie, et de laisser tomber tout le reste, ma vie, mes hauts et bas au collège, l’écriture de mon roman (qui apparaît de façon assez centrale à partir de novembre 2006, alors que je tombais dans la « transe » de l’écriture d’Enthéos).
Il me faut aussi penser à ce texte comme à un livre, et non un blogue. Le lecteur le lira (normalement) d’une page à l’autre. En ordre chronologique. Dans le monde virtuel, mon blogue n’était pas nécessairement lu ainsi, donc souvent, des rappels des événements, des liens étaient faits. Tout cela doit aussi être considéré.
Un livre n’est pas un carnet, même s’il en conservera un peu l’aspect, entre autres le concept des billets, au jour le jour.
Cependant, et cela me chagrine un peu, parce que c’était dans « l’esprit » du blogue : les allusions régulières à mes lecteurs sont disparues. Oui, ces lecteurs, dont plusieurs parmi vous, qui me laissaient des messages, des encouragements. Je vous en ai souvent remercié… mais cela a été retiré du texte.
J’ai donc resserré le manuscrit en ce sens. Et je l’ai envoyé pour relecture.
J’attends maintenant les commentaires de mon directeur.
Il faut dire que je suis encore ambivalente devant ce texte. Certains billets me convainquent qu’ils valent la peine d’être édités… et puis, parfois, les descriptions des journées de chimio viennent me faire douter…
Verso
Impression étrange hier soir alors qu’après avoir tourné un peu dans mes draps, je me suis relevée dans l’obscurité pour m’asseoir à mon bureau et griffonner quelques notes pour mon roman Orphée.
Comme je réutilise de vieux manuscrits pour écrire au verso des feuilles, il m’arrive, par curiosité, de relire ainsi les quelques lignes à l'endos, au hasard. Et je suis tombée sur une page d’Enthéos, où Elsa annonce à Thomas que les nouvelles de sa santé ne sont pas bonnes. Et ce, alors que le printemps refleurit.
Et ça m’a frappée.
Ce retour de la maladie, pour moi. Je me réentendais annoncer, encore récemment : « Pour ma santé, les nouvelles ne sont pas bonnes »… Oui. Un peu comme Elsa, je suis grelottante dans mon chandail de laine, alors que « toutes les filles de la ville ont sorti leurs jupes, dévoilé leurs épaules, défiant les dernières bises fraîches… »
Je sais que beaucoup m’ont identifiée à Elsa Fontaine, et ça se comprend. À bien des égards, elle est mon alter ego. Du moins, en elle j’ai projeté un certain idéal de celle que je voudrais être. Mais il s’agit d’une esquisse. Aucun roman n’arrive véritablement à cerner un être dans son entièreté.
Mais le drame de cette Elsa, jamais je n’ai souhaité le vivre. Et j’espère sincèrement que ma fin sera plus heureuse que la sienne. Et que le roman de ma vie comptera plus qu’une trentaine de pages.
***
Photo: Manuscrits de ce qui allait devenir Enthéos, hiver 2007.
Mnémosyne
Mère des Muses. Grande déesse.
C'est elle qui nourrit mes préoccupations actuelles et qui constitue le coeur du roman dans lequel j'avance et où se profile le personnage d'Orphée. Car non, ce n'est pas Janus qui verra le jour prochainement, bien que cette idée continue de mûrir et qu'elle sera, tôt ou tard, prise à bras le corps.
Il y a longtemps que je n'ai pas donné signe de vie sur ce carnet, préservant le plus possible chaque minute de mon temps pour l'écriture. Et le temps me presse d'autant plus que, récemment, mes ennuis de santé sont revenus me hanter.
L'inspiration est au rendez-vous, même si elle n'est pas fluide. Qu'elle arrive par à-coups. Que je grapille les paragraphes. Que j'ai appris, avec les semaines, les mois... oui, les années, maintenant (!), à me réjouir de tout ce qui progresse: que cela prenne la forme de quelques mots à une page... Même si je suis loin des dizaines de pages quotidiennes que j'arrivais à écrire dans mes moments de frénésie d'écriture, en chimiothérapie, et qui ont donné naissance, en un temps reccord, à Enthéos.
Plusieurs me demandent combien de pages j'ai écrites. Alors voilà, j'en suis à 144.
Mais qu'est-ce que cela signifie, en fait, par rapport à mon idée, au plan que j'ai en tête?
Eh bien, disons que je considère avoir écrit à peu près les deux tiers du roman. Peut-être un peu moins. Et que je me donne comme objectif de présenter une première version de mon manuscrit à Éric Simard, mon directeur littéraire (qui ne semble pas trop désespérer de moi!), vers mars-avril. En fait, symboliquement, j'aimerais que ce soit au printemps.
D'ici là, je consacre mon lundi à l'écriture... et tout le temps que je réussis à trouver!
Image: Mosaïque représentant Mnémosyne, Antioche, 2e siècle avant J.-C. Musée d'Antakya, Turquie.
10 septembre 2011
Parenthèse de soleil et de fleuve. Une escapade à Baie-des-Sables. Marcher dans mon roman. Écrire.
À travers mes multiples vies d'écrivain, l'impression d'avancer un peu.
J'aime cette photo où se surperposent ciel, fleuve et création.
Le travail se poursuit...
Lentement mais sûrement.
Les six vies de l'écrivain
Dans Le Devoir du 14 septembre, je suis tombée avec intérêt sur un article intitulé "Les vies multiples de l'écrivain", qui résumait une étude tout juste publiée par l'Observatoire de la Culture et des Communications du Québec: Les écrivains québécois. Portrait des conditions de pratiques de la profession littéraire au Québec 2010. Celle-ci est disponible en ligne et présente un portrait multidimentionnel de ce qu'est, en 2010-2011, être écrivain au Québec.
Bien entendu, la question, en ce qui me concerne, est de me situer à travers la population à l'étude, soit les 1510 écrivains estimés au Québec (répondant aux critères de l'UNEQ et ayant publié au moins deux livres). Tous les sujets y passent: profil socio-économique, revenu (d'écriture), la relation entre le temps de travail et les revenus, la formation des écrivains. Or, ce qui ressort de l'étude, c'est une typologie des profils d'écrivains, établie à partir des revenus artistiques et autres caractéristiques sociodémographiques et professionnelles. Ainsi, on présente six types d'écrivains:
1. L’écrivain en début de carrière (environ 14 % des écrivains à l'étude) Arrivé assez récemment dans le milieu littéraire, il partage son temps entre l’écriture et un autre travail.
2. L’écrivain à « double vie » (environ 35 %) qui consacre la plus grande part de son temps à un autre travail dont il tire principalement ses revenus. C’est le sous-groupe le plus nombreux.
3. Le littéraire (environ 27 %). Titulaire d’une maîtrise ou d’un doctorat en lettres. Il se consacre entièrement à la création littéraire. Ce profil regroupe le quart des écrivains.
4. L’écrivain de vocation (environ 12 %) Cet écrivain à temps plein vit de son art sans toutefois connaître de grands succès financiers. Il est autodidacte (n’est pas titulaire d’un diplôme universitaire en lettres).
5. L’écrivain de deuxième carrière (environ 9 %) Cet écrivain est retraité et perçoit une rente qui lui permet de se consacrer à son art.
6. L’auteur à succès (4 %) Cet écrivain connaît le succès et peut compter sur de bons revenus tirés de ses droits d’auteur et de diverses activités liées aux lettres. C’est le sous-groupe le moins nombreux.
Bien que je n'entre pas officiellement dans la population à l'étude, n'étant ni ni membre de l'UNEQ et n'ayant pas encore publié d'autre livre, pour moi, l'exercice de comparaison est amusant et instructif. Ainsi, même si je suis assez nouvellement arrivée dans le milieu littéraire (comme le type 1), je fais partie du type 2, soit l'écrivain à double vie. En effet, mon temps va essentiellement à l'enseignement dont découle la totalité (ou presque!) de mon revenu. Par ailleurs, je constate que, malgré les idées reçues, les femmes sont en plus faible proportion parmi les écrivains que les hommes qui représentent 55%, et que je fais partie des 22% des écrivains de moins de 45 ans. Comme 2/3 des écrivains en 2008, j'ai fait moins de 5000$ de revenus liés à l'écriture. Et, comme 81% des écrivains, je suis diplômée universitaire...
Alors quoi? Si on se fie au vieux dicton: "Quand on se regarde, on se désole, quand on se compare, on se console?" Bof. Peut-être un peu...
Si le sujet vous intéresse:
OBSERVATOIRE QUÉBÉCOIS DE LA CULTURE ET DES COMMUNICATIONS DU QUÉBEC, Les écrivains québécois. Portrait des conditions de pratique de la profession littéraire au Québec, 2010. Québec, 2011, 84 pages.
Parler d’un “livre pour grands” avec des enfants
Ces jours-ci, la classe de 3e année de mon fils travaille un module sur les genres littéraires. Comme mon Pinpin est très fier d’avoir une mère romancière (ça fait chaud au cœur!), il a convaincu sa professeure de m’inviter pour aller parler de l’écriture de romans à ses amis. Pour faire plaisir à mon fils, j’ai accepté de rencontrer sa classe mercredi matin, en pleine tempête de neige printanière.
Disons que j’étais assez ambivalente. Comment intéresser des enfants à un univers qui ne leur est pas destiné? Comment leur parler d’un livre qu’ils n’ont pas lu?
À mon arrivée dans la classe, un tabouret m’attendait. Je m’y suis installée, et j’ai fait face à une vingtaine de petits visages souriants, intéressés, éveillés. À la demande de leur professeure, les élèves avaient préparé des questions à me poser et, une heure durant, j’ai affronté le feu nourri de leur curiosité.
Mais avant de plonger, c’est moi qui les ai questionnés. Que savaient-ils du « roman », en tant que genre littéraire? Que pouvaient-ils m’en dire? Eh bien, à travers toutes les mains levées, beaucoup de bons éléments de réponse, dont celui du « problème ». Dans un roman, il y a un problème à résoudre. Oui. Et parfois, du « mystère ».
Ah!
J’étais lancée. J’ai appelé à la rescousse J.K. Rowling et Harry, pour illustrer cet aspect du « problème-mystère », ce qui fait qu’on a envie de lire, de lire et de lire… d’avancer dans une histoire. Oui. Qu’est-ce qui nous appelle plus loin, sinon ce mystère à découvrir? Pourquoi la cicatrice? Pourquoi ses parents sont-ils morts?... Tant de choses à découvrir au fil des pages… Donc, pour l’auteur, tout le défi est là : donner envie au lecteur d’avancer dans notre propre livre.
Oui. Mais c’est moi qui allais bientôt être prise d’assaut par les questions. Bien sûr, personne n’avait lu Enthéos. Donc en dehors d’une question générale sur l’histoire de mon roman et sur la signification du titre, j’ai eu droit à un bel interrogatoire, remuant en moi bien des questionnements des derniers mois.
-Avez-vous vécu des moments de découragement?
Bien sûr! J’ai l’impression de ne faire que ça de ma vie, lutter contre le découragement! L’important, c’est de ne pas y céder. Et de trouver la source qui nous fait avancer. Écrire pour le plaisir.
- Quelle est votre source d’inspiration?
Ah! Eh bien, l’univers des études anciennes. Que j’aimerais enseigner plus que ce que j’arrive à faire. Ressusciter les Anciens. Leur culture. Et tisser des liens avec ces racines qui sont nôtres.
- Pourquoi écrire des livres, si vous avez un autre travail que vous aimez?
Bonne question. Peut-être parce qu’enseigner ne me permet pas de me réaliser pleinement? Que l’écriture m’apporte autre chose dont j’ai besoin. Et ce, même si ça ne débouche pas toujours sur un livre publié.
- Quel est le titre de votre prochain livre?
Si je me fie à ce que j’ai vécu pour Enthéos, le titre sera trouvé vers la fin du processus d’édition. Pour l’instant, je peux simplement dire que le document sur lequel je travaille s’intitule Orphée.
- Pourquoi ça finit mal, votre livre?
Mmmm… Est-ce que le fait de faire mourir un de mes personnages principaux fait qu’il s’agit d’une mauvaise fin? La mort, c’est la fin qui nous attend tous. C’est comme ça que se terminera l’histoire de notre vie. Le problème, donc, ce n’est pas de mourir. C’est de mourir sereinement. D’être satisfait du chemin parcouru. D’avoir vécu une belle histoire. Je ne considère pas qu’Enthéos finit mal. Surtout que mon personnage principal a changé, intérieurement. Et comme l’a résumé avec un brin de bouffonnerie un ami de mon fils : « L’important, c’est de finir sa vie avec panache! »
Oui. On peut dire ça!
Salon international du livre de Québec 2011
À Québec, le printemps arrive quand s'ouvre le Salon international du Livre!
Cette année, c'est du 13 au 17 avril que ça se passe!
Une belle occasion d'aller bouquiner, de voir les copains-copines écrivains, bédéistes, éditeurs... et lecteurs!
Cette année encore, j'y serai en simple lectrice. Mais sans lecteurs, que seraient les écrivains? Pour moi, écrire n'est jamais indissociable de lire. Nourriture intellectuelle indispensable à l'inspiration, la réflexion, la remise en question... Et si je suis silencieuse en ces lieux virtuels ces temps-ci, c'est entre autres parce que je suis plongée dans les livres... et dans l'écriture d'un nouveau roman.
Un festival littéraire à Québec
Le maire Labeaume en avait fait l'annonce lors de la remise des Prix littéraires de la Ville de Québec en 2009, mais le voilà enfin: le festival Québec en toutes lettres.
Pour sa première édition, qui se tient du 14 au 24 octobre, le thème de cet évènement littéraire tourne autour de l'oeuvre de l'écrivain argentin Jorge Luis Borges. Ainsi, dans divers lieux de la ville, notamment les bibliothèques, ont lieu des dizaines d'activités reliées de près ou de loin à Borgès. Ateliers d'écriture, lectures, récitals, dégustation de vin, démontrastion de tango... Autant de prétextes pour découvrir cet écrivain rattaché au courant du réalisme magique.
Ce soir a lieu l'ouverture officielle du festival, au Capitole de Québec. Or, l'activité requiert des laissez-passer... écoulés depuis belle lurettte! Qu'à cela ne tienne, si le temps le permet, du tango en plein air est prévu sur la Place d'Youville. Et pour ceux qui seraient intéressés à venir prendre un verre en bonne compagnie, la dixième édition de Québec se livre a lieu ce soir (14 octobre 2010), de 17h à 19h au Chantauteuil, rue St-Jean. Auteurs, éditeurs, lecteurs et artisans du monde de l'édition, tout le monde est bienvenu.
Pour ma part, je me suis initiée à Borges ces dernières semaines, dans la perspective du festival. Je découvre cet auteur qui a marqué la littérature du XXe siècle. À moi maintenant d'en goûter la profondeur et de cerner, peut-être grâce aux activités proposées lors du festival, ce qui a su en éblouir certains. Pour le moment, je suis encore à convaincre. Mais pour le festival, ça, c'est une belle initiative du monde littéraire de Québec et je ne peux que souhaiter que les passionnés de lecture et de livres donneront sa chance à l'évènement!
Participez-y!
Pour consulter la programmation: http://www.quebecentouteslettres.com/programmation.html
Quand la passion nous guide
Dimanche dernier, j'ai été entraînée dans le sillage de Marie-Ève Sévigny, passionnée par Québec et son univers littéraire, dans le cadre de la promenade organisée autour du thème Un dimanche à la rivière Saint-Charles, visant à mettre en valeur la relève littéraire de la vieille Capitale.
Marie-Ève est une excellente communicatrice, souriante, attentive à son auditoire. Plusieurs sont devenus, avec les années, des habitués des parcours de la Promenade des Écrivains. Ils sont fidèles... et exigeants! Marie-Ève les captive, et apporte du matériel neuf, intriguant. Nous met sur des pistes qui nous font découvrir la ville et les auteurs qui s'en sont inspirés, dans un émerveillement nourri par son enthousiasme.
Quel dommage qu'elle ait délaissé l'enseignement! Qu'à cela ne tienne, elle continue à enseigner (à des élèves peut-être un peu plus dissiplinés que ceux des classes collégiales!), au fil des rues, des recoins méconnus, des parcs de Québec et, dans le cas qui nous occupe ici, le long des sinuosités de la rivière Saint-Charles. Et que de belles découvertes j'ai faites en ces lieux!
J'étais curieuse d'entendre mon texte, bien sûr. Expérience étrange que d'écouter nos mots lus pas quelqu'un d'autre. À voix haute. Alors qu'au départ, ils n'étaient que sensations intérieures. Émotion vive, prenante, quand, sur les lieux dont il est question, nous traverse le texte. Partage de l'intime, emporté par le vent, la clameur urbaine, offert à ceux qui, curieux des mots, des livres, se rassemblent pour écouter. Belle expérience pour un auteur, ça oui.
Enchantée par la découverte d'autres écrivains et poètes (Isabelle Forest, Nadia Gosselin, Hélène Matte, Judy Quinn et Marc Rochette) ou la redécouverte de certains (tels Annie Cloutier et Emmanuel Bouchard), mais aussi par la marche vivifiante et inspirante, je vous recommande une Promenade des Écrivains en compagnie de Marie-Ève Sévigny. Suivez cette guide passionnée dans les méandres d'une Ville mille fois réinventée par la magie de la littérature.
Le parcours Un dimanche à la rivière Saint-Charles se tient chaque dimanche, jusqu'au 3 octobre 2010. Pour plus d'informations, consultez le site de la Promenade des Écrivains (http://www.promenade-ecrivains.qc.ca/)
Photo: Sur le pont Dorchester, Marie-Ève Sévigny présentant mon roman Enthéos avant de faire la lecture de Trait d'union, nouvelle composée pour l'occasion.




