Vickie Gendreau: 1989-2013
Samedi matin, Vickie Gendreau, cette jeune auteure atteinte d'un cancer du cerveau qui avait attiré l'attention avec son percutant Testament, est décédée.
Plusieurs me demandent si cette nouvelle m'ébranle.
Bien sûr que oui.
Mais "ébranler" est un mot fort qui peut être interprété sous plusieurs angles. Dans mon cas, je suis ébranlée humainement bien plus qu'ébranlée pour ce que ça me rappelle de mon propre pronostic. Car personne ne souhaite une telle fin, si abrupte. Pourtant, je me réjouis d'une chose, pour elle, c'est qu'elle ait réussi à écrire un autre livre avant sa mort.
J'avais beaucoup aimé Testament. C'est un livre coup de poing. Un livre désenchanté. Un livre amer. D’où l’espoir, la lumière, sont absents. La Vickie de Testament est morte. Morte avant la mort.
Et ça, j’avais trouvé ça particulièrement triste.
Après avoir lu ce livre, paru en même temps que Soleil en tête, j’avais écrit une lettre à Vickie Gendreau. Il a même été question que nous nous rencontrions pour une émission, mais les choses n’ont pas tourné ainsi. Nos chemins ne se sont jamais croisés et elle n'a pas répondu à ma lettre.
Bien sûr, nos expériences ont un grand point commun, celui du cancer du cerveau. Mais nos personnalités, nos vécus sont diamétralement différents. Et quand j’ai lu Vickie, sa détresse et sa rage, j’ai ressenti une grande compassion, une compréhension aimante et désolée. Que lui dire ?
Elle part trop jeune, en laissant cependant une trace en tant qu'artiste. Elle a d’abord écrit sa mort, mais la Vie lui a fait grâce d’assez de temps pour écrire un autre livre, Drama queens, qui paraîtra l'an prochain. Comme un prolongement d'une existence écourtée et où, je crois, elle laisse filtrer la lumière.
Sur le blogue de Marie Josée Turgeon
Lors du Salon du Livre de Québec, j'avais eu le plaisir de passer un chaleureux moment en compagnie de la journaliste-blogueuse Marie Josée Turgeon, qui sortait tout juste de la lecture de Soleil en tête. Elle m'attendait, tout sourire, avec deux verres de thé Earl Grey. J'avais ri en constatant cette attention et nous avions blagué, en cherchant un endroit calme où s'assoir et discuter.
De cette rencontre découle un très beau billet sur Soleil en tête.
Oui. Un beau billet qui donne envie de se refaire une tasse de thé Earl Grey bien chaud.
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Marie Josée Turgeon, "L'espoir d'une femme atteinte d'une tumeur du cerveau", Sympatico. ca, 13 mai 2013. http://blogue.styledevie.sympatico.ca/bien-etre/tumeur-du-cerveau
Bilan positif au SILQ 2013
Le SILQ 2013 est terminé et les organisateurs en vantent le succès de foule. Est-ce uniquement attribuable à la présence de Marc Levy comme président d’honneur ou si la température maussade a également joué un rôle dans cette fréquentation monstre ? Un peu de tout cela, sans doute. Ceci dit, je serais malvenue de me plaindre de la présence d’autant de gens autour du Livre. On peut bien sûr penser à d’autres formules pour mettre encore plus de l’avant la littérature (car qui dit «livre» ne dit pas nécessairement «littérature» !) qu’elle soit québécoise ou d’ailleurs. D’autres ont souligné qu’il est préoccupant de voir tant de gens se réjouir des ventes de livres faites en dehors des librairies alors que celles qui sont encore indépendantes disparaissent peu à peu. D’autres encore y ont vu la preuve de la longévité du livre papier comme si le numérique n’avait pas déjà une place de choix. Bref, parions que les années qui viennent seront pleines de remises en questions autour du «Livre»…
Pour ma part, au Stand 223 chez Hamac, j’ai passé trois belles séances de dédicaces. J’y ai vu amis, famille, connaissances, anciens étudiants, lecteurs de mon blogue, visiteurs curieux… Bref, un peu de tout. J’ai dédicacé quelques Soleil en tête et même deux Enthéos et eu de chouettes conversations. Mais je dois dire que la publication d’un carnet comme le mien, dont le point de départ est la maladie, ça ouvre bien sûr la porte à des rencontres très intenses, parce que d’autres vivent aussi des épreuves et m’en font part. Cela donne lieu à d’émouvants témoignages et je me sens choyée, bien qu’impuissante, d’accueillir cela. Je crois que lorsqu’on sait qu’on n’est pas seul, qu’on est compris, même à demi, ça nous apaise.
Samedi, j’avais un entretien avec une journaliste qui m’attendait avec deux gobelets de thé Earl Grey ! J’ai ri. C’était le signe évident qu’elle avait lu Soleil en tête ! Une rencontre si bien amorcée ne pouvait que déboucher sur une conversation enthousiaste et chaleureuse. Une demi-heure vite passée !
Mes propres visites comme lectrice/admiratrice/amie ont été brèves et peu nombreuses. La foule, disons-le, n’est pas une chose que j’apprécie en temps normal et encore moins avec mon énergie chancelante. J’ai pu me permettre une heure, à la limite deux. Mais rapidement, il a fallu que je me sauve.
Je n’ai donc pas pu voir tout le monde ni même vous saluer tous… On se dit à une prochaine fois !
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Photo: Le stand de Hamac. Merci à Denis Carrier!
Salon international du Livre de Québec 2013
Comme à chaque printemps depuis 15 ans, le SILQ sera de retour du 10 au 14 avril avec, dans son sillage, des écrivains du Québec et d'un peu partout sur la planète et, il faut l'espérer, des lecteurs avides de découvertes.
L'an dernier, j'avais fait partie d'un collectif d'auteurs qui avaient réagi aux propos du président-directeur général du SILQ, Philippe Sauvageau, qui avait justifié le choix de nommer pour une troisième fois en 15 ans Dany Lafferière président d'honneur en déclarant qu'à Québec, on n'avait pas d'auteurs connus et intéressés à parler au monde... Bref, nous demandions la démission de Monsieur Sauvageau. Il y a eu des excuses. Mais avec la nomination de Marc Levy - un Français- comme président d'honneur de l'événement cette année certains voient cela comme de la provocation...
Je sais bien que le SILQ, c'est une "business". Une foire du livre dont le succès se mesure au nombre d'entrées au guichet et que, dans cette optique, la nomination d'un président d'honneur "vedette" soit un atout. Mais je trouve néanmoins curieux que cette année, tout particulièrement, on aille recruter un auteur français. Il y a comme un drôle de hasard qui a fait réagir le milieu littéraire en coulisse et, publiquement, Jacques Fortin, éditeur chez Québec Amérique.
M'enfin. Le pauvre Marc Levy s'est retrouvé un peu coincé dans une polémique. Et je trouve dommage, finalement, qu'une des trop rares occasions de valoriser la littérature s'égare dans de vaines querelles.
Le SILQ, c'est malgré tout un bel événement. Ça fait parler des livres, ça amène des gens rencontrer les auteurs, écouter des conférences. On vient flâner, on vient découvrir des nouveautés. Il y en a pour tous les goûts, pour tous les âges.
Quant à moi, j'y serai en séances de signature pour Soleil en tête au stand 223 selon l'horaire suivant:
Jeudi le 11 avril, 18h à 19h
Samedi le 13 avril, 19h à 20h
Dimanche le 14 avril, 13h à 14h.
Au plaisir de vous y croiser!
Faire une scène
La réécriture se poursuit. En fait, si je ne viens pas souvent donner signe de vie en ces pages, c'est parce que l'essentiel de mon énergie se déploie dans Orphée (auquel, soit dit en passant, j'ai trouvé un nouveau titre...)
Cette réécriture se fait en fonction des critiques que m'a faites mon directeur littéraire lors de notre rencontre du 28 janvier. Je revois la narration, le récit. Je l'approfondis. Je me demande constamment "qu'est-ce qui est raconté". Je n'invente pas grand-chose, mais j'expose des aspects qui étaient restés tus dans la première version, même si je le "savais", moi, dans ma tête.
Mais je tiens compte aussi d'anciens commentaires que m'avait faits Éric sur le manuscrit d'Enthéos. Parce qu'au moins, l'écriture d'un deuxième roman (et même d'un troisième, en réalité!), a ça de bon. On prend un petit peu d'expérience. On développe des trucs, des réflexes. Entre autres, je me questionne sur l'utilité de chaque partie. Bref, quand je me mets à la réécriture d'une scène, d'un chapitre, je me demande: à quoi sert-elle? Qu'ai-je besoin de dire ici? En quoi cela fait avancer le récit?
Il faut savoir résister au simple plaisir d'écrire. De décrire. Rendu au milieu du roman, tous les personnages sont en place. Ils ont une vie, une personnalité. Je les aime tous. Et j'ai plein d'idées, plein de dialogues à leur mettre en bouche. Ce n'est pas l'inspiration qui manque. Or, je ne veux pas "écrire pour écrire", m'écouter écrire. Je veux que ça veuille dire quelque chose.
Presque 26 000 mots réécrits jusqu'à présent. Et alors que je m'apprête à revoir une scène où tous mes personnages discutent autour d'un bon repas... me revoilà dans mes interrogations. Où me mène cette scène? Pourquoi l'écrire? Que lui faire dire?
Mais au moins, le projet avance!
Deux fois plutôt qu'une: Un léger désir de rouge
Il y avait longtemps que je voulais vous parler du roman Un léger désir de rouge d'Hélène Lépine. Je l'ai lu cet été, en plein mois de juillet, alors que c’est un livre d’hiver, je trouve. Par le sujet, la froideur du cancer. Par le décor, ancré sur les berges du Saint-Laurent, sous la neige et le vent, dans une maison normande qui a accueilli une famille désormais dispersée. Des parents absents et des enfants qui ont mal grandi, rongés chacun à leur manière par un mal de l’âme. Oui. C’est un livre d’hiver mais un livre pour tous les jours. C’est un livre qui a bercé une de mes journées d’été.
Oui, trop longtemps j’ai attendu pour vous parler de ce merveilleux, poétique roman. Alors il a fallu que je le relise. Ils sont rares, les livres que j’ai lus deux fois. Tant d’autres attendent sur les rayons de ma bibliothèque… Mais cette deuxième lecture, plus rapide, plus attachée, cette fois, aux symboles qu’au récit, m’a de nouveau plongée dans l’univers lyrique de l’auteure avec ravissement.
Je sais que le sujet du cancer est lourd. Mais Toulouse est trapéziste. Son domaine n’est pas le sol, mais le ciel. Elle s’accroche et virevolte avec son complice et compagnon. Or la réalité du cancer fait fuir son amoureux. Son sein perdu l’a rendue amazone, solitaire. D’abord, elle retourne à la maison familiale, retrouve sa sœur Louvaine, danseuse pleine de colère et de rage, mais qui garde la maison et le frère plus jeune, Coaticook, pris de crises de folie mais qui sait coudre et faire des habits. Il y a Paris, le frère drogué et agressif. Et l’autre frère, Delhi, travailleur social plus enclin à aider les étrangers que les siens. Et une autre sœur, Oslo, chanteuse, aussi lointaine que la Norvège de son nom. Il y a l’ombre de Lili, la grand-mère qui a tenté de maintenir les liens et les rituels qui tissaient une famille. Morte, maintenant. Alors Toulouse écrit un journal, des lettres qui ne seront jamais envoyées à Moumbala, un personnage qu’elle s’est inventé. Une réminiscence d’un rêve mélangé aux carnets de notes d’un ancêtre explorateur qui a voyagé au Sénégal, sur le bord du fleuve Casamance.
Et le fleuve africain sous le ciel orangé se mêle au Saint-Laurent prisonnier des glaces. Et Toulouse, même si on la dit «born to loose» réapprivoisera le sol, réapprendra à marcher.
Le roman est divisé en trois parties. D’abord, Toulouse quitte Montréal, son appartement, son amoureux et échoue à la maison familiale où elle se réfugie et commence les traitements de chimiothérapie à Québec, «la ville superbe». Au cœur du roman apparaît Blanche, jeune pianiste inspirante, qui lutte elle aussi contre le cancer du sein. Blanche n’a pas perdu son amoureux, elle, son Jean-Baptiste traducteur qui a eu peur, mais qui est resté. La troisième partie du roman voit Toulouse rentrer à Montréal, «la ville bruissante de langues» où elle retrouve le monde du cirque, au sol cette fois, comme professeure. Elle y fait la rencontre d’Ulysse, cet homme de la mer venu des Caraïbes, jardinier qui, clandestinement la nuit, prend d’assaut les terrains vagues de la ville pour y faire repousser la vie. Une année passe dans le roman. Le froid, le soleil, le printemps avec son avril plein de sève, d’espoir.
Car l’espoir et la résilience passent en filigrane dans ce livre. Et la maturité des enfants qui doivent un jour grandir. Devenir adultes. «J’ai emprunté une route qui me déporte loin de l’enfance, juste ce qu’il faut pour avancer.» (p. 133) «Il nous faut aller de l’avant de cette manière, les petits et moi, sans attendre les bras porteurs ou les mains amies». (p 149)
Oui. Un beau roman sur l’autonomie et l’acceptation qui valait bien cette deuxième lecture.
Hélène Lépine, Un léger désir de rouge. Québec, Septentrion, Collection Hamac, 2012. 160 pages.
Narration intérieure
Je vous ai parlé de ma difficulté à trouver mon fil d’Ariane à travers le récit de mon roman Orphée. En fait, dans les commentaires que m’a faits mon directeur littéraire, revient souvent la remarque : «Rien n’est raconté.»
Et ça me fait énormément réfléchir.
En fait, il y a longtemps que je m’analyse dans l’écriture et une des choses qui m’apparaît clairement, c’est que ce qui m’intéresse, au-delà d’une histoire, c’est la réflexion sous-jacente de la vie. Des réflexions humaines. Les grandes questions existentielles. Ce qui me fascine, c’est ce qui passe dans la tête de mes personnages. Leur vision de la vie, du monde. Leur analyse.
C’est peut-être trop cérébral. Trop intellectuel?
Je ne sais pas.
Mais je me regarde écrire, m’écoute penser. Et je repense aux écrivains que j’admire (que je vénère, devrais-je dire !), comme Virginia Woolf ou Gabrielle Roy qui se sont attardées à offrir une vision du monde, de l’âme humaine. Virginia Woolf, tout spécialement, avec le «stream of consciousness», ce flux de la conscience où les pensées du personnage vont dans tous les sens, épousant la réflexion réelle telle qu’elle survient dans notre esprit. Et dans ses romans, justement, l’intrigue est à peu près absente. On ne «raconte» rien, si ce n’est une intériorité. Anne Bragance, dans son article «Une œuvre d’eau et de lumière», en parle en ces termes : «Le roman woolfien jamais ne propose d’événement spectaculaire ; il est pure saisie du flux de vie, il s’attache, il s’acharne parfois à courtiser le temps (…) Il met en évidence le contraste entre temps «intérieur» et temps «extérieur».»
Oui. Balancer entre le temps intérieur et le temps extérieur. Pas facile. Mais j’essaie.
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Article cité: Anne Bragance, "Une oeuvre d'eau et de lumière", in Le Magazine littéraire- Virginia Woolf, collection "Nouveaux regards", pp. 109-115.
Image: Orlando, de l'artiste écossaise Georgia Russel, qui utilise les livres pour les transformer en oeuvre d'art. Source: England & Co.
Qu'est-ce que je raconte?
Un des mythes grecs les plus connus est celui du fil d’Ariane. Devenu symbole de ce qui nous sauve d’une situation désespérée, ce fil magique avait la propriété de s’allonger à l’infini derrière les pas du héros Thésée qui, une fois le Minotaure terrassé, put retrouver son chemin dans les dédales du labyrinthe d’où, normalement, personne ne pouvait s’échapper.
C’est certain que c’est toujours pratique, quand on est un héros dans le pétrin, d’obtenir les faveurs d’une belle princesse un peu sorcière. Même si, par la suite, ces demoiselles se font cavalièrement larguer… (On se souviendra qu’Ariane s’est vue abandonnée sur une île par Thésée… et difficile d’oublier Médée qui, après avoir aidé Jason à trouver la Toison d’Or, fut répudiée au profit d’une autre...) N’empêche, je soupire après un fil magique, moi aussi.
Au début de l’écriture d’Orphée, mon héroïne s’appelait Ariane. Je me suis rendu compte cependant que ce prénom n’était pas particulièrement original. D’autres avant moi y avaient pensé. Les héroïnes de romans ainsi prénommées abondent.
Tant pis. Elle a depuis été rebaptisée.
Mais ces jours-ci, ma préoccupation première, alors que je passe quotidiennement de longues heures au clavier, c’est de trouver mon fil d’Ariane. Car si, au départ, l’histoire de mon roman m’apparaissait claire, quand mon directeur littéraire l’a lue, lui, il l’a trouvée diffuse. Mon manuscrit est parsemé d’indications à l’encre rouge : « Je suis perdu », « C’est flou », « Qu’est-ce qui est raconté ? ». Il me faut donc resserrer l’histoire principale et faire en sorte de ne pas trop me perdre dans d’autres plus secondaires.
Alors que j’écris, que je réécris en fait, je me pose donc constamment la question : suis-je en train de suivre mon fil ou de me perdre dans les dédales de mon propre labyrinthe intérieur ? Qu’est-ce que je raconte, au fait ?
Dans le mélangeur
J'ai absorbé le choc. J'ai pris un verre de vin. Je me suis posé encore plein de questions existentielles sur l'écriture, sur les raisons pour lesquelles je m'acharne quotidiennement sur un clavier d'ordinateur alors que tant d'autres y réussissent mieux que moi, bref, je suis passée encore une fois par un immense ras-le-bol, le doute, tout le bataclan. Je ne peux même pas vous dire que je trouve des réponses, c'est même pas vrai. Je ne fais que me poser des questions, encore et encore. Et en arriver au même constat: il faut que j'écrive.
Alors je réécris. Orphée va vivre. Sans doute sous un autre titre, avec une narration différente. Je change le ton. Je change les points de vue sur l'histoire. J'ajoute une autre voix. Je fais des essais. On verra ce que ça donnera.
J'ai l'impression d'avoir pris mon roman, des dizaines d'heures de travail, et d'avoir tout foutu en vrac dans le mélangeur.
Décevoir
Orphée ne passe pas la rampe.
Ni sur le fond, ni sur la forme.
J’avais peur de décevoir et j’ai déçu.
En fait, si Éric ne m’avait pas connue, il n’aurait pas terminé la lecture du manuscrit et il m’aurait envoyé une lettre de refus. Une lettre «positive», a-t-il précisé, mais un refus néanmoins.
Ce fut une longue discussion, hier après-midi. Mon directeur littéraire a pris le temps de m’expliquer ses remarques, page après page. Au fur et à mesure, je verbalisais mes intentions, ma vision des choses, mais je comprends tout à fait que ce que j’ai cherché à dire ne «passe pas». À la rigueur, ce n’est peut-être pas intéressant.
J’ai en main le manuscrit annoté par Éric et mes propres notes prises pendant la rencontre. J'ai plusieurs pistes pour retravailler le roman en profondeur mais il est clair que ce ne seront pas que des corrections cosmétiques. Ce qui est exigé ici est une réécriture complète du livre.
Je m’y mets dès aujourd’hui mais le travail m’apparaît colossal. Il y a tant de possibilités à envisager quant à la forme elle-même, le rythme, la narration qu’il me faudra sans doute faire plusieurs essais afin de trouver la «voix» de ce roman.
Et je n’exclus pas non plus la possibilité de tout laisser tomber...
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Image: Sardoniques -et très rigolos!- tampons créés par Le tamponographe Sardon.











