Il pleuvait des oiseaux

2015 commence en douce pour moi, avec l'attente de ma chirurgie au cerveau. Un peu de temps pour lire, donc! Et j'en ai profité pour me lancer dans un défi littéraire. Tant qu'à donner une teinte particulière à mes lectures... et sentir que je fais quelque chose en bonne compagnie!

Les règles sont exposées ici, sur le blogue Mon coin lecture, chez Karine, lectrice boulimique devant l'Eternel. C'est elle qui a vu à dresser la liste officielle des romans québécois proposés par les blogeuses/eurs-ami-e-s intéressé-e-s. 

J'ai conseillé cinq livres (en trichant un peu: j'ai choisi, parfois, d'ignorer un livre qui avait été déjà proposé, question d'enrichir les titres...). C'est toujours crève-coeur de faire un tel exercice... Mais bon. J'ai aussi essayé de diversifier mes choix (romans, nouvelles, bande dessinée, essai.)

Voilà donc ma première lecture de l'année 2015: Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier, romancière d'Abitibi, terre où se sont enracinés mes ancêtres, d'ailleurs.

Il faut dire que j'avais lu énormément de bien de ce roman. Du genre, QUE du bien. Sans compter les nombreux prestigieux prix que s'est mérité le livre (je vous laisse consulter la liste sur la page de son éditeur, XYZ). Alors c'était pleine d'attentes, ce qui est rarement bon, que j'ai plongé dans ce roman (que j'avais demandé pour Noël, en plus!). 

Et qu'en ai-je donc pensé?

QUE du bien, moi aussi!

Quel beau roman! Quelle écriture maîtrisée. Des personnages hauts en couleurs et attachants qui sortent de l'ordinaire. Des vieux en fin de vie, bohèmes et marginaux qui ont choisi de disparaître au coeur de la forêt. Ils vivent en ermites, mais liés par une amitié indéfectible et par un pacte "de mort", dans le respect de la liberté de chacun. Ils sont trois, au départ. Mais l'un d'eux meurt, tout juste avant l'arrivée d'une photographe lancée sur la trace des derniers survivants des grands feux de Matheson, dans le nord de l'Ontario. Cette femme ne se démonte pas, malgré l'annonce du décès de ce Boychuck, véritable héros des grands feux, qui se révèle, à la surprise de ses compagnons, un peintre aussi doué que tourmenté. Quand alors débarque Marie-Desneiges, qui fuit son passé d'internée en psychiatrie, l'univers des amis-ermites est transformé. 

Au-delà de l'histoire, très belle, qui à travers la fiction nous mène à découvrir les ravages matériels et surtout humains des grands feux de forêts, il y a la réflexion, lumineuse, sur la condition humaine. Notre fragilité. Notre mort, inéluctable. Et notre liberté de la vivre sans la subir. 

J'ai donc beaucoup aimé ce livre qui respire la vie et la lumière, malgré l'omniprésence de la mort. 

Maintenant, je passe aux Fous de Bassan d'Anne Hébert.

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Jocelyne Saucier, Il pleuvait des oiseaux (Roman). Montréal, XYZ éditeur, 2011, collection "Romanichels". 184 pages