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Samedi matin, Vickie Gendreau, cette jeune auteure atteinte d'un cancer du cerveau qui avait attiré l'attention avec son percutant Testament, est décédée.

Plusieurs me demandent si cette nouvelle m'ébranle. 

Bien sûr que oui. 

Mais "ébranler" est un mot fort qui peut être interprété sous plusieurs angles. Dans mon cas, je suis ébranlée humainement bien plus qu'ébranlée pour ce que ça me rappelle de mon propre pronostic. Car personne ne souhaite une telle fin, si abrupte. Pourtant, je me réjouis d'une chose, pour elle, c'est qu'elle ait réussi à écrire un autre livre avant sa mort. 

J'avais beaucoup aimé Testament. C'est un livre coup de poing. Un livre désenchanté. Un livre amer. D’où l’espoir, la lumière, sont absents. La Vickie de Testament est morte. Morte avant la mort.

Et ça, j’avais trouvé ça particulièrement triste.

Après avoir lu ce livre, paru en même temps que Soleil en tête, j’avais écrit une lettre à Vickie Gendreau. Il a même été question que nous nous rencontrions pour une émission, mais les choses n’ont pas tourné ainsi. Nos chemins ne se sont jamais croisés et elle n'a pas répondu à ma lettre.

Bien sûr, nos expériences ont un grand point commun, celui du cancer du cerveau. Mais nos personnalités, nos vécus sont diamétralement différents. Et quand j’ai lu Vickie, sa détresse et sa rage, j’ai ressenti une grande compassion, une compréhension aimante et désolée. Que lui dire ? 

Elle part trop jeune, en laissant cependant une trace en tant qu'artiste. Elle a d’abord écrit sa mort, mais la Vie lui a fait grâce d’assez de temps pour écrire un autre livre, Drama queens, qui paraîtra l'an prochain. Comme un prolongement d'une existence écourtée et où, je crois, elle laisse filtrer la lumière.