Carrefour affiche2013

J'adore le théâtre. 

Chez les Grecs, le théâtre était un acte religieux, sacré. Et cet esprit n'est pas si loin de moi, quand j'assiste à une pièce. J'entre dans une salle emplie d'une sorte de sentiment de respect sacré. Ça me nourrit l'âme, ça m'inspire. Ça me fait réfléchir. Même une mauvaise pièce, j'y trouve du plaisir parce que j'en discute ensuite, je la décortique. Aller au théâtre fait partie des plus beaux plaisirs culturels que j'aime m'offrir. Un amour que je partage en couple, et que j'essaie de transmettre à mes enfants.

La vie théâtrale à Québec est riche et j'en profite le plus possible, mais l'événement par excellence-tant attendu des amateurs- c'est le Carrefour international de théâtre. De retour pour la quatorzième saison cette année, il promet de nous en mettre plein la vue. Comme j'ai manqué celui de l'an dernier, partie à Rome avec mes étudiants (oui, je sais, je fais pitié...), je n'étais pas pour passer à côté de cette orgie théâtrale cette fois! Foubracs nous sommes, mon Amoureux et moi. Et grand bien nous fasse, parce que 2013 est un grand cru.

Icaro, si vous n'en avez pas entendu parler, c'est parce que vous ne lisez pas les journaux ni n'écoutez la radio. Devenue mythique après plus de 700 représentations partout dans le monde, la pièce du créateur Daniele Finzi Pasca qui a conçu un "théâtre de la caresse", est tout en douceur, en rire et en émotion. Du clown dans ce qu'il a de plus pur à offrir, plein de vérité et de justesse. Pensée pour être jouée devant un seul spectateur, la pièce fait intervenir une personne du public, prise au hasard dans l'assistance (selon quelques critères, dont le poids, car Finzi Pasca doit être en mesure de la prendre sur son dos durant le spectacle). Lors de la présentation à laquelle nous assistions mardi soir, c'est un certain Dominic qui a été l'heureux élu, assez à l'aise et souvent drôle, lui aussi. Pris dans les filets imaginaires du magicien Finzi Pasca. Un délice!

Mais le grand classique du Carrefour, depuis les dernières années, est le spectacle déambulatoire Où tu vas quand tu dors en marchant qui renaît dans une troisième mouture cette année, toujours sous la houlette de Frédéric Dubois. Hier soir, en partie sous la pluie, nous sommes allés assister à la générale (privilège d'abonnés Foubracs!), ayant ainsi la chance de voir les nouveaux tableaux en évitant la foule. Encore une fois, metteurs en scène et comédiens réinventent la perception qu'on a du quartier Saint-Roch (ou d'une partie du quartier, car le parcours s'est resserré sur une plus petite distance) et la magie opère. Lumière onirique, fanfare, personnages sortis de contes de fées... Nous croisons le chemin de curieuses créatures dans des lieux connus et pourtant si différents... Ne manquez pas le plaisir de vivre ce théâtre urbain. C'est gratuit!

Au menu, donc, diverses pièces venues de plusieurs pays. Un ennemi du peuple, de Thoma Ostermeier, présentée un seul soir (lundi le 27 mai) est pleine de promesses.

Vive le Carrefour. Vive le théâtre!

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Pour la programmation complète, consultez le site du Carrefour international de théâtre de Québec ici.