16 juin 2009
Rencontre sur la relève littéraire
J'ai reçu récemment une invitation de l'Institut canadien à participer à une rencontre de jeunes auteurs de la région de Québec, afin de discuter des besoins de la relève littéraire.
Je n'ai que peu d'informations concernant cette activité, mais il s'agit d'une initiative entourant le projet de Maison de la littérature mis sur pied par l'Institut canadien et la Ville de Québec.
Maintenant, pour me préparer à la discussion, je me questionne un peu sur les attentes que j'ai, moi, en tant que "jeune auteure". Quels sont mes besoins? Du temps pour écrire? Ça oui. Ça implique donc des fonds pour me permettre de prendre congé ou de diminuer ma tâche d'enseignement. Ensuite quoi? Pour ma part, parce que je n'ai pas beaucoup de connaissances théoriques sur l'écriture en tant que telle (oui, j'ai une formation en littérature ancienne et des rudiments sur l'écriture, héritage de mon passage en lettres au cégep, mais c'est peu), j'aimerais des ateliers, ou du mentorat avec des auteurs reconnus. Et puis quoi? Plus de liens avec le public? Des rencontres organisées, des conférences? Peut-être.
Et puis, j'ai hâte d'entendre aussi ce que les autres participants auront à dire, selon leur réalité. Leur vécu.
Une chose est sûre, ces derniers temps, ça bouge côté culture dans la Ville de Québec. De beaux projets en chantier, de belles idées. En espérant que les résultats seront concrets!
La rencontre sur la relève littéraire se tient jeudi le 18 juin à la Bibliothèque Gabrielle-Roy. Je vous tiens au courant de ce qui en ressortira.
***
Avis aux amoureux du livre de tous acabits (auteurs, lecteurs, artisans du livre, libraires, etc.), la 3e rencontre de Québec se livre aura lieu elle aussi le 18 juin! Pour les détails, c'est ici!
Illustration: Les plans de la future Maison de la littérature, sise dans le Vieux Québec, dans le Temple Wesley. Source: Cyberpresse.ca
Québec se livre
Discuter bouquins, passion lecture, écriture... Ça vous dit? Le tout dans une ambiance sympathique et un cadre informel...
C'est ce que vous propose Québec se livre, une initiative de quelques mordus des livres et de l'édition (pour ne pas nommer mon éditeur, Gilles Herman), inspirés de ce qui se faisait du côté montréalais.
Bref, une fois par mois, au Cercle de la rue Saint-Joseph, un 5 à 7 a lieu et tous les amoureux des livres, qu'ils soient lecteurs, éditeurs, artisans, auteurs, etc. sont les bienvenus.
La rencontre de juin a lieu jeudi, le 18 juin à 17h. C'est ouvert à tous... et j'y serai (dès que ma rencontre sur la relève littéraire sera terminée!).
Le Cercle
228, rue St-Joseph Est
Québec, Qc
418.948.8648
29 avril 2009
Ventes
Je sais que je vais enfin en faire saliver: voici des chiffres, amis lecteurs!
Du vrai de vrai! Du concret!
C'est fou comme ça intéresse les gens, ça: les ventes de livres. Quand on parle autour de soi qu'on a publié un bouquin, c'est une des premières questions qu'on se fait poser (après, je l'avoue, le fameux "Ça parle de quoi?" Question à laquelle j'ai toujours un peu de difficulté à répondre, mais j'y travaille Éric!), soit: "Combien en as-tu vendus?" Ou, parfois plus subtilement: "Ça se vend bien?"
"Bien"...
C'est quoi, pour un livre, se vendre "bien"?
Ça dépend de beaucoup de choses, et des spécialistes vous en parleraient mieux que moi.
Cependant, en ce qui me concerne, je répondrais que "bien", pour moi, c'était d'atteindre les objectifs que je m'étais fixés (mentalement), soit vendre plus de 500 exemplaires (la moyenne des ventes pour un premier roman d'un inconnu, au Québec, se situant autour de 300 exemplaires).
Alors qu'est-ce ça donne?
Mon éditeur m'a envoyé la semaine dernière mon relevé de ventes du 1er décembre 2007 au 30 novembre 2008. Enthéos est sorti en librairie le 19 août, donc il s'agit des ventes faites en trois mois et demi.
Total: 823!
Ah, je sens les questions affluer, notamment sur le mirobolant profit que j'ai réalisé sur ces époustouflantes ventes. Calculez par vous-mêmes: je touche 2.23$ par exemplaire vendu.
Pas mal, hein?
Mais rien qui vienne me convaincre de laisser tomber mon boulot de prof. Que nenni! Et ce même si l'enseignement prend trop souvent le pas sur l'écriture. Ça reste mon pain et mon beurre.
Oh... et pour les vrais mordus (ou les gens terre à terre, il doit bien y en avoir parmi vous): amusez-vous à calculer le salaire horaire que j'ai fait (mes 32 jours x 8 heures+ une autre centaine d'heures de réécriture et retravail, relecture, etc.). On peut toujours se consoler: au Québec, les droits d'auteur sont libres d'impôt jusqu'à 7000$. On comprendra aisément l'importance des programmes d'aide (Conseil des Arts et bourses de tout acabit) pour soutenir la vie littéraire au Québec!
20 février 2009
Prix littéraires Ville de Québec-SILQ
En 2003, le Salon du Livre de Québec a mis sur pied un prix pour souligner les oeuvres littéraires d'auteurs de la région de la Capitale nationale. Au volet littérature pour adultes s'est ajouté celui de la littérature pour enfants et, en 2005, la Ville de Québec s'est associée à ce prix qui offre aux lauréats une bourse de 5000$. Les critères de sélection reposent sur la qualité et l'orginalité de l'oeuvre du point de vue de la forme et du fond.
Pour être considérée, une oeuvre doit avoir été écrite par un auteur résidant sur le territoire de la Ville de Québec, mais elle peut avoir été publiée par une maison d'édition située ailleurs.
L'an dernier, c'est Esther Croft qui s'est mérité le prix pour son roman Le reste du temps, paru chez XYZ.
Les réglements et les détails de ce prix sont disponibles ici, de même que la liste des lauréats depuis 2003. La remise des prix se fait dans le courant du mois d'avril, à l'Hôtel de ville de Québec.
Cette année, le Salon international du Livre de Québec se tiendra du 15 au 19 avril 2009.
16 février 2009
La Commission du droit de prêt public
On le sait tous, vivre de ses droits d'auteur au Québec est très difficile et rares sont ceux qui réussissent cet exploit. Or, il existe néanmoins des programmes qui permettent aux auteurs de toucher certains droits et c'est le cas de la Commission du droit de prêt public (CDPP).
Ce programme vise à rétribuer les auteurs dont les livres se retrouvent dans les bibliothèques publiques. La Commission procède à un échantillonnage des titres présents dans les catalogues des bibliothèques et la compare avec la liste des auteurs inscrits à la Commission.
Évidemment, ce ne sont pas des sommes mirobolantes qui sont ainsi versées aux auteurs, mais c'est une façon de tenir compte des livres qui sont lus par plusieurs lecteurs, sans que l'auteur ne touche de droits.
Attention: il incombe à l'auteur (et non à l'éditeur) de procéder à son inscription à la CDPP et il faut savoir que la période d'inscription a une durée limitée: pour 2009, cette période se tient du 15 février au 1er mai 2009.
Pour les détails, c'est ici: http://www.plr-dpp.ca
28 septembre 2008
Des chiffres
Ces jours-ci, voyant la couverture médiatique qui est accordée à Enthéos, certains me demandent si j'ai une idée du chiffre de ventes du roman.
En fait, c'est une question à laquelle il est difficile de répondre pour l'auteur lui-même, et même pour l'éditeur, du moins dans les semaines et les mois qui suivent directement la sortie d'un livre.
Cependant, mon éditeur m'a donné les premiers chiffres connus hier, lors de notre activité de lecture publique qui, sans être un succès de foule (nous étions une quinzaine, la plupart étant nos proches, à Emmanuel Bouchard et moi) a été une belle expérience, chaleureuse et sympathique.
Voilà donc ce que ça donne: le distributeur, Dimedia, a recensé 44 réassorts pour Enthéos.
Qu'est-ce qu'un "réassort"? Eh bien ce sont les commandes que les librairies passent au distributeur lorsque le livre n'est plus en stock. Ainsi, comme mon livre est encore une "nouveauté" et que les librairies en ont eu quelques exemplaires, cela veut dire que ces exemplaires ont d'abord été vendus et que d'autres ont été commandés.
Bon. 44, ce n'est pas la mer à boire. On s'entend que l'idée de gagner sa vie avec l'écriture au Québec n'est pas envisageable pour la plupart des auteurs. Et je n'ai aucune illusion en ce sens!
Mais quand même. Après un mois en librairie, avoir déjà quelques réassorts, c'est bon signe.
Enfin. C'est mon éditeur qui le dit!
14 avril 2008
Québec, ville de livres
Cette semaine, du 16 au 20 avril, c'est le Salon international du Livre de Québec.
Dans le cahier Livres du Devoir ce week end, Isabelle Paré signait un article sur la vitalité du livre dans la Vieille Capitale. Ainsi, j'ai appris que Québec est "la Mecque" des librairies indépendantes mais aussi que trois des quatre revues littéraires québécoises y sont installées, sans compter, comme je l'ai déjà mentionné, plusieurs maisons d'édition!
En fait, non seulement je trouve ma ville inspirante mais en plus je suis fière de son amour des livres! Québec est donc une ville où il fait bon écrire... et lire!
Isabelle Paré, "Québec, côté bouquin", Le Devoir, 12-13 avril 2008, p. F1-F2.
13 janvier 2008
Publier à compte d'auteur
Je ne compte déjà plus les gens qui, dans ma brève période de recherche d'une maison d'édition (la plupart des auteurs font des démarches durant des mois, voire des années!), m'ont suggéré de publier à compte d'auteur.
Pour ma part, c'était hors de question. Mon tiroir plutôt que le compte d'auteur! C'est, il est vrai, une opinion toute personnelle, basée surtout sur la dure réalité et confirmée par plusieurs lectures. En effet, il est connu que si un livre est rejeté systématiquement par TOUTES les maisons d'édition, il n'intéressera personne. C'est entre autres ce qu'en pensait Pierre Tisseyre et je suis de son avis.
Cependant, plusieurs auteurs décident de s'auto-publier. Et, de plus en plus, grâce à Internet, la diffusion des ces ouvrages est facilitée. Un article publié dans le cahier "Livres" du Devoir des 12 et 13 janvier 2008 est d'ailleurs consacré à ce phénomène. On y parle notamment du site Lulu.com qui permet aux auteurs intéressés par l'auto-publication, de vendre leur livre (ou disque) sur la Toile. Évidemment, il n'y existe aucun contrôle qualité. Impossible, donc, de distinguer les livres qui méritent l'attention. On mentionne néanmoins de "petits succès" comme Finding the "Can" in Cancer écrit par des survivants du cancer et Des vies brisées, recueillant le témoignage de victimes d'attentats.
D'autres sites Internet spécialisés dans l'auto-publication existent. Par exemple, en France, Éditez-vous ou In Libro Veritas. Au Québec, la Fondation littéraire Fleur de lys met également en ligne des manuscrits, en plus de fournir divers conseils aux auteurs.
Enfin, il faut noter que "les auteurs proposant leurs oeuvres en ligne ne vendent jamais plus que quelques dizaines d'exemplaires". Cependant, pour quelqu'un pour qui publier est tout ce qui compte, l'auto-édition est le moyen d'y parvenir à tout prix.
Caroline Montpetit, "Se publier envers et contre tous", Le Devoir, 12 et 13 janvier 2008, p. F1.
07 janvier 2008
L'édition à Québec
Hier, en lisant le Soleil, je suis tombée sur deux intéressants articles concernant le monde de l’édition dans la ville de Québec. Un dernier volet est paru ce matin, y faisant suite.
La journaliste Valérie Gaudreau trace d’abord un portrait de la situation des éditeurs établis dans la vieille Capitale et termine son survol en expliquant que, pour survivre, la plupart des maisons d’édition de Québec ont dû se spécialiser, trouver leur créneau.
On y parle bien entendu de Septentrion, dont le fondateur, l’historien Denis Vaugeois, est photographié, tout sourire. D’ailleurs, l’article fait référence au livre publié par Monsieur Vaugeois concernant le monde de l’édition, L’amour du livre, paru en 2005. Un livre que m’avait conseillé fortement Éric, lors de notre première rencontre. Question de me faire une idée sur la philosophie de la maison, notamment en ce qui a trait aux relations qu’elle cherche à entretenir avec ses auteurs. J’y reviendrai sans doute en ces lignes. Cette lecture m’a beaucoup intéressée.
Il existe plusieurs maisons d’édition à Québec. Évidemment, elles subissent la pression des plus grosses, situées à Montréal. Mais maintenant, avec les nouvelles technologies de l’information, on peut réussir à faire un bon travail d’édition à partir de partout. Et puis, géographiquement, Québec est bien située pour ce qui est des différents salons du livre organisés à travers la province. Il y a cependant les frais de transports qui sont à considérer, quand on sait que les livres sont imprimés à Montréal. Mais le vrai problème des éditeurs indépendants, c’est « la pression des grandes chaînes de librairies, la concentration de la propriété et les guerres de prix des magasins à grande surface ». C’est ce qui sera à surveiller pour les prochaines années.
Quant au préjugé voulant que les éditeurs de Québec publient d’abord des auteurs de la ville, c’est faux. C’est toujours le texte qui prime, peu importe qui l’a écrit.
Les éditions Alto, dirigées par le sympathique Antoine Tanguay, ont droit aussi à un entrefilet. On souligne leur départ canon avec le roman Nikolski, de Nicolas Dikner et leur récent succès avec la traduction du roman Parfum de poussière, de Rawi Hage. Malgré ces bons coups, Antoine Tanguay préfère s’en tenir à six titres par an.
En ce qui concerne l’importance, pour les maisons d’édition québécoises, de se spécialiser tout en s’ouvrant aussi à la diversité, j’ai été un peu déçue qu’on ne mentionne pas précisément Septentrion. On parle de Nota Bene, orientée vers l’essai, de l’Instant même qui publiait des nouvelles avant d’ouvrir son horizon au roman et au théâtre, du Dauphin blanc, spécialisé en croissance personnelle et aussi de Alire, qui donne dans la science-fiction et qui a publié, entre autres, Patrick Sénécal.
J’espérais lire que Septentrion, même si elle est spécialisée dans les livres sur l’histoire (et beaucoup sur celle du Québec et de l’Amérique du Nord), a mis sur pied la collection "Hamac", destinée au roman. C’est cette collection qui est co-dirigée par Éric Simard avec qui je travaille.
Mais on peut dire, à la lecture de ces articles, que l’édition à Québec se porte bien. Et ça fait plaisir à lire!
Valérie Gaudreau, « Profession : éditeur », Le Soleil, 6 janvier 2008, p. A2-A3; « Bonne note pour Alto », Le Soleil, 6 janvier 2008, p. A3; « À chacun son genre. L’Édition à Québec se distingue par la spécialisation », Le Soleil, 7 janvier 2008, p. A5.
25 mai 2007
La protection des droits d'auteurs
Quand on se met à écrire sérieusement, on développe quelquefois une peur, parfois fondée, de se faire « piquer » ses idées.
Il existe une façon fort simple de protéger ses droits d’auteurs qui est même recommandée par l’UNEQ : il suffit de mettre une copie du manuscrit dans une enveloppe scellée qu’on s’envoie à soi-même par courrier enregistré. On prendra soin de conserver le reçu remis par le bureau de poste. Ensuite, après réception du colis, on le place en lieu sûr (évidemment, on n’ouvre pas l’enveloppe!). Si, un jour, on avait à prouver nos droits sur une œuvre, on n’aurait qu’à ouvrir l’enveloppe en cour devant un juge.
Il y a beaucoup d’histoires qui circulent sur le plagiat. La plus récente à avoir défrayé la manchette au Québec est celle de la jeune « auteure » de 12 ans, Marie-Pier Côté, qui a publié un roman jeunesse aux éditions Les intouchables. Eh bien, il s’est avéré que la jeune fille avait copié entièrement l’œuvre d’un auteur sur Internet. C’est l’auteur véritable, Frédéric Jeorge, qui, mis au courant qu’une histoire ressemblant étrangement à la sienne sortait en librairie, a averti l’éditeur et a prouvé qu’il en était bel et bien l’auteur. La jeune fille a avoué son méfait, et ses parents sont maintenant poursuivis pour dommages et intérêts par la maison d’édition qui s’engage par ailleurs à verser tous les droits du livre Laura l’immortelle à son véritable auteur.
Il faut dire que l’éditeur des Intouchables a avoué ne pas avoir lu le manuscrit en question. Pourtant, la maison d’édition se vantait d’avoir mis la main sur un prodige de la littérature! Un Mozart des lettres! Il me semble que, moi, j’aurais eu des soupçons…
Évidemment, on peut penser que la maison d’édition est co-responsable de cette erreur. Toutefois, dans un contrat liant un auteur à un éditeur, l’auteur « garantit que son œuvre est originale, inédite » (Voir par exemple le contrat-type d’édition proposé par l’UNEQ : chapitre 2, garanties).
En ce qui me concerne, mes manuscrits sont protégés selon la méthode dont je vous ai parlée. Cependant, par « pudeur » ou par peur d’être plagiée, je ne divulguerai ici que très partiellement les idées sur lesquelles je travaille.

