19 février 2013

Qu'est-ce que je raconte?

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Un des mythes grecs les plus connus est celui du fil d’Ariane. Devenu symbole de ce qui nous sauve d’une situation désespérée, ce fil magique avait la propriété de s’allonger à l’infini derrière les pas du héros Thésée qui, une fois le Minotaure terrassé, put retrouver son chemin dans les dédales du labyrinthe d’où, normalement, personne ne pouvait s’échapper.

C’est certain que c’est toujours pratique, quand on est un héros dans le pétrin, d’obtenir les faveurs d’une belle princesse un peu sorcière. Même si, par la suite, ces demoiselles se font cavalièrement larguer… (On se souviendra qu’Ariane s’est vue abandonnée sur une île par Thésée… et difficile d’oublier Médée qui, après avoir aidé Jason à trouver la Toison d’Or, fut répudiée au profit d’une autre...) N’empêche, je soupire après un fil magique, moi aussi.

Au début de l’écriture d’Orphée, mon héroïne s’appelait Ariane. Je me suis rendu compte cependant que ce prénom n’était pas particulièrement original. D’autres avant moi y avaient pensé. Les héroïnes de romans ainsi prénommées abondent.

Tant pis. Elle a depuis été rebaptisée.

Mais ces jours-ci, ma préoccupation première, alors que je passe quotidiennement de longues heures au clavier, c’est de trouver mon fil d’Ariane. Car si, au départ, l’histoire de mon roman m’apparaissait claire, quand mon directeur littéraire l’a lue, lui, il l’a trouvée diffuse. Mon manuscrit est parsemé d’indications à l’encre rouge : « Je suis perdu », « C’est flou », « Qu’est-ce qui est raconté ? ». Il me faut donc resserrer l’histoire principale et faire en sorte de ne pas trop me perdre dans d’autres plus secondaires.

Alors que j’écris, que je réécris en fait, je me pose donc constamment la question : suis-je en train de suivre mon fil ou de me perdre dans les dédales de mon propre labyrinthe intérieur ? Qu’est-ce que je raconte, au fait ?

Posté par Julie GravelR à 08:26 - - Commentaires [8] - Permalien [#]



Commentaires sur Qu'est-ce que je raconte?

    La pelote est grosse. Tu peux aller loin sans te perdre. Et de toute façon, y'a toujours les étoiles pour te guider.

    Posté par Périn, 19 février 2013 à 19:55 | | Répondre
  • @Périn: Je devrais m'en tirer, alors! Surtout quand on sait que les scarabées réussissent à trouver leur chemin en suivant la Voie Lactée! Je devrais pouvoir faire aussi bien qu'eux, non?
    http://www.radio-canada.ca/nouvelles/science/2013/01/24/002-bousiers-voie-lactee.shtml

    Posté par Julie GravelR, 20 février 2013 à 08:03 | | Répondre
  • Et si c'était Ariane qui, pour te reprocher de l'avoir abandonnée en lui retirant son nom,te laisse languir dans un labyrinthe? Peut-être que pour retrouver ton fil, il te faut retrouver ton Ariane?

    Posté par poudre en sucre, 20 février 2013 à 22:37 | | Répondre
  • @Poudre en sucre: Ah, ah! C'est une façon de voir ça, c'est vrai. Elle se vengerait de moi? Bah. Je lui ai trouvé un chouette prénom quand même. Elle peut faire peau neuve, maintenant!

    Posté par Julie GravelR, 21 février 2013 à 13:41 | | Répondre
  • Voici quelques pensées en vrac... et en toute humilité.
    - Écoute ton coeur plus que ta pensée.
    - Tes "trippes" sont peut-être le port d'attache de ton fil d'Ariane.
    - En phénoménologie, on dit que la véritable prise de conscience vient après l'expérience intérieure.
    - Alors, qu'est-ce qui te fait palpiter dans l'expérience que tu veux partager avec nous dans ton roman?
    - Quels sont les passions qui se rencontrent et s'opposent par tes personnages?
    « Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage... »
    Bon travail

    Posté par LUX, 21 février 2013 à 13:52 | | Répondre
  • @Lux: Tu touches quelque chose de très vrai par rapport à l'expérience intérieure, et dans le cas de ce roman, oui, pour écrire, je dois puiser dans mes propres souvenirs. J'amalgame des expériences différentes, cependant, pour créer une certaine "fiction". Ce roman ne sera pas autobiographique, mais le "senti" l'est. L'émotion de départ est réelle.

    Posté par Julie GravelR, 22 février 2013 à 10:21 | | Répondre
    • En effet, je ne vois pas comment que tu pourrais écrire sans partir d'une émotion réelle. C"est trop important pour toi d'être fidèle au " senti ", le tien ou ceux des autres.

      Posté par LUX, 22 février 2013 à 13:35 | | Répondre
  • @Lux: C'est peut-être possible, mais il n'y a rien de mieux que le vécu. Le "vrai de vrai"...

    Posté par Julie GravelR, 03 mars 2013 à 17:07 | | Répondre
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