29 janvier 2013

Décevoir

manuscrit-yoghourt

Orphée ne passe pas la rampe. 

Ni sur le fond, ni sur la forme.

J’avais peur de décevoir et j’ai déçu. 

En fait, si Éric ne m’avait pas connue, il n’aurait pas terminé la lecture du manuscrit et il m’aurait envoyé une lettre de refus. Une lettre «positive», a-t-il précisé, mais un refus néanmoins.

Ce fut une longue discussion, hier après-midi. Mon directeur littéraire a pris le temps de m’expliquer ses remarques, page après page. Au fur et à mesure, je verbalisais mes intentions, ma vision des choses, mais je comprends tout à fait que ce que j’ai cherché à dire ne «passe pas». À la rigueur, ce n’est peut-être pas intéressant.

J’ai en main le manuscrit annoté par Éric et mes propres notes prises pendant la rencontre. J'ai plusieurs pistes pour retravailler le roman en profondeur mais il est clair que ce ne seront pas que des corrections cosmétiques. Ce qui est exigé ici est une réécriture complète du livre. 

Je m’y mets dès aujourd’hui mais le travail m’apparaît colossal. Il y a tant de possibilités à envisager quant à la forme elle-même, le rythme, la narration qu’il me faudra sans doute faire plusieurs essais afin de trouver la «voix» de ce roman.

Et je n’exclus pas non plus la possibilité de tout laisser tomber...

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Image: Sardoniques -et très rigolos!- tampons créés par Le tamponographe Sardon.

Posté par Julie GravelR à 13:10 - - Commentaires [11] - Permalien [#]


Commentaires sur Décevoir

    laisse décanter, mais ne laisse pas tomber.

    Posté par danyleclair, 29 janvier 2013 à 13:33 | | Répondre
  • Oooh comme ton billet me rejoint. Je suis assise sur la même chaise que toi, je regarde la même montagne. Mon deuxième manuscrit ne passe pas, deux éditeurs l'ont confirmé et ça me suffit pour comprendre. J'en ai bien peur, il a, comme le tien, besoin d'un re-travail en profondeur. S'y attaquer ? Tout laisser tomber ? Comme je comprends !
    Le travail te paraît colossal. À moi aussi, et je pense qu'il ne pourrait en être autrement. À la base (je le dis sans vanité aucune), livrer un roman abouti, c'est colossal. Mais, au moins, la solution est simple : si le coeur y est, suffit de se retrousser les manches.

    Posté par Sylvie, 29 janvier 2013 à 13:46 | | Répondre

  • Je suis désolée pour toi. Courage!

    Posté par Virge, 29 janvier 2013 à 16:10 | | Répondre
  • Tu pourrais voir cela comme un vin... Un très bon vin. Bon, Éric a ouvert une bouteille, il l'a bue et a dit: «Non, ce vin a encore besoin de vieillir et donc, d'aller chercher toutes ses saveurs.» C'est toi la vigneronne. Tu ne vas quand même pas jeter les barriques ! Ton vin est complexe. Il a peut-être besoin de plus de travail et de temps mais, au bout du compte, ça donne souvent des millésimes.

    Posté par Marsi, 30 janvier 2013 à 11:56 | | Répondre
  • C'est rough. Bin rough. J'ai justement le manuscrit d'un recueil de poésie qui poirotte sur le bureau d'un éditeur que j'aime beaucoup mais qui ne semble pas emballé. Hier, je l'ai posté ailleurs, juste pour voir.
    La dernière fois que j'ai fait ça, ailleurs, ça a mordu. C'est-à-dire que l'autre éditeur a publié. Mais j'ai regretté certains des conseils que le premier éditeur aurait pu me donner. Sur le plan du titre, entre autres. Et sur bien d'autres détails.
    C'est toujours tellement délicat. Il faut juste se souvenir qu'aucune écriture n'est vaine. Et que parfois il faut du temps, beaucoup de temps.
    Il m'est arrivé de refuser une modification et de le regretter par la suite. Même si c'est difficile, les bons éditeurs sont souvent de bon conseil (et ce, même si c'est parfois impossible à admettre sur le coup).
    À ta place, je déboucherais une bouteille de rouge, je la boirais jusqu'à la lie, je prendrais un jour ou deux pour m'en remettre, puis je me remettrais au travail. Soit pour répondre aux exigences de mon éditeur, soit pour trouver de meilleurs arguments pour le convaincre que j'ai raison. Le livre qui sera publié se trouvera sans doute quelque part entre les deux.
    Bonne chance, en tout cas. Et bonne bouteille!

    Posté par JFCaron, 30 janvier 2013 à 16:40 | | Répondre
  • Grand-maman Marguerite te dirait, "Cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage".
    Tu te souviens des nappes de dentelles qu'elle crochetait. Elle défaisait et recommençait. Elle les voulait parfaites et le temps pour terminer son oeuvre n'avait pas d'importance.
    Orphé doit naître. Continu ton oeuvre, tu as un bon sujet. Donne-toi du temps.
    Il ne faut surtout pas abandonner.
    Après le verre de vin...reviens au thé vert.
    Nous sommes avec toi.
    Je t'aime
    Marraine

    Posté par Marraine, 31 janvier 2013 à 14:17 | | Répondre
  • Je n'ai pas lu Orphée. Par conséquent, mon commentaire sera neutre par rapport au contenu. Je vais donc donner simplement une réaction.

    Si j'étais placé devant la même situation pour un roman que j'écris, j'aurais deux choix:
    1- Continuer à améliorer, à peaufiner ce roman jusqu'à ce qu'il soit le plus près possible de la perfection; ou bien...
    2- Partir de ce roman en ne prenant rien pour acquis et me demander ce que je veux conserver d'essentiel, quitte ce que l'apparence, l'histoire, le style, les personnages et même l'époque puissent être modifiés pour servir mon désir originel, ce que je veux exprimer profondément.

    Et j'aurais tendance à choisir la deuxième option, pour avoir le plus de liberté possible.
    Bien sur, c'est ma fantaisie que je viens de t'écrire.
    Je rajouterais: n'abandonne pas, laisse porter un peu, donne à ton inconscient le temps d'absorber l'expérience et d'élaborer une perspective nouvelle.
    Bon courage! Écoute ton coeur, comme d'habitude

    Posté par Lux, 07 février 2013 à 00:35 | | Répondre
  • @Dany: C'est ce que j'ai fait, une période de décantation. Et je réécris, maintenant!

    @Sylvie: Oui, le coeur y est encore (même si j'en ai douté, sur le coup!). Je crois qu'on passe tous un jour ou l'autre par là, dans l'écriture. En tout cas, toi et moi on vit des situations semblables, il n'y a pas de doute!

    @Virge: T'es fine. Je vais tâcher d'être courageuse...

    @Marsi: J'aime bien l'image du bon vin. C'est clair qu'actuellement, le roman n'était pas prêt. Un vilain vinaigre. Pouach! Est-ce que les prochaines versions seront meilleures? Aucune idée. J'y travaille, avec en tête d'en faire le meilleur cru possible...

    @JFCaron: Ah, Jean-François, c'est exactement ce que j'ai fait le jour-même de ma rencontre: j'ai bu quelques verres de rouge, question d'encaisser le choc! Et puis un peu de décantage m'a fait du bien. Me revoilà à mon clavier, à réinventer mon histoire, mes personnages. J'espère garder mon éditeur. Il est de bon conseil et on a un lien de confiance entremêlé d'amitié. C'est précieux.

    @Marraine: Je suis revenue au thé, tu me connais, j'essaie de ne pas me morfondre trop longtemps! Oui, je remets mon ouvrage sur le métier. Grand-maman pourrait être fière de moi! Je t'aime aussi! xx

    @Lux: Eh bien, mon cher, c'est pas mal vers la deuxième option que je me suis enlignée. L'histoire reste essentiellement la même, mais le changement narratif la modifie beaucoup. Idéalement, j'aimerais que ça lui donne plus de profondeur, aussi. Je récupère néanmoins des morceaux de ma première version pour commencer. Peut-être qu'ils seront ensuite enlevés. Je ne prends plus rien pour acquis!

    Posté par Julie GravelR, 09 février 2013 à 12:44 | | Répondre
    • Tu restes fidèle à toi-même
      Malgré tous les soubresauts dans ta vie, ta sagesse se manifeste toujours et je constate que pour toi, un obstacle devient assez rapidement un tremplin. Personnellement, je n'ai aucun doute sur ta profondeur, avec la passion et la rigueur qui t'habitent. L'important, c'est de savoir décrocher et se raccrocher autrement.
      Tchao

      Posté par Lux, 14 février 2013 à 13:15 | | Répondre
  • @Lux: Je me sens bien loin de la sagesse, en fait. Je me débats dans les affres du doute, même si j'arrive à avancer un peu chaque jour. Ce n'est pas facile, en tout cas. xx

    Posté par Julie GravelR, 19 février 2013 à 08:30 | | Répondre
    • Je comprends très bien
      compte sur ma présence mentale et mes pensées affectueuses

      Posté par Lux, 21 février 2013 à 13:38 | | Répondre
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