IMG_0635

J'écris essentiellement à l'ordinateur. 

Je sais, il y a une nostalgie à écrire sur papier. Le son du crayon ou du stylo sur la page. L'odeur si caractéristique. La beauté du geste... Mais que voulez-vous? J'écris bien plus rapidement au clavier qu'à la main. Ma pensée est presque rattrappée par mes doigts. Quand le flot est présent, que je suis habitée par l'inspiration, que l'influx ne fait que passer à travers moi pour se déverser immédiatement en mots, eh bien, c'est à l'ordinateur que ça se passe.

Mais il y a mes carnets.

Car je ne suis pas constamment devant un ordinateur. Et pour être certaine de ne jamais être en panne pour écrire, je traîne toujours un carnet et des crayons dans le fond de ma sacoche, mon sac ou ma poche. 

Ces carnets sont intemporels. Ouverts ici et là, on y trouve des pensées. Listes de choses à faire, numéros de téléphone. Réflexion. Dessins. Idées de romans, aussi. Ou récit d'événements, bribes de journaux intimes. Extraits de lecture. Je ne date pas toujours ces griffonnages et comme je ne respecte pas l'ordre logique des pages, il est parfois difficile de replacer ces écrits dans le temps. Mais ce n'est pas si important.

Je ressens toujours de la fascination à me relire. À entendre bruisser les feuilles de ces petits cahiers qui ont fini par gondoler, se détacher. Mon écriture est parfois difficile à déchiffrer, mais je retrouve l'esprit dans lequel j'étais pour écrire telle ou telle chose. 

Quand je feuillette mes carnets, je tombe dans une douce transe. Une rêverie. Mes pensées défilent, éparses. Désordonnées et pourtant claires et vives. Je relis ici et là les notes de ce qui est devenu Enthéos. Je retrouve des filons oubliés pour des romans, des sujets d'articles, de billets pour mes blogues. Je poursuis des réflexions interrompues.

J'ai souri tout à l'heure en lisant un scénario pour un roman qui n'a pas encore été ébauché. Mes deux personnages principaux, leurs couleurs, leur personnalité, leur quête. L'idée centrale de l'histoire, quelques rebondissements. Ce livre verra-t-il le jour? Je n'en sais rien. 

Mais dans le soleil oblique d'un après-midi de septembre, je savoure le plaisir de parcourir ces carnets. Et leur fouilli bigarré me ramène sur les chemins de l'écriture.