Les six vies de l'écrivain
Dans Le Devoir du 14 septembre, je suis tombée avec intérêt sur un article intitulé "Les vies multiples de l'écrivain", qui résumait une étude tout juste publiée par l'Observatoire de la Culture et des Communications du Québec: Les écrivains québécois. Portrait des conditions de pratiques de la profession littéraire au Québec 2010. Celle-ci est disponible en ligne et présente un portrait multidimentionnel de ce qu'est, en 2010-2011, être écrivain au Québec.
Bien entendu, la question, en ce qui me concerne, est de me situer à travers la population à l'étude, soit les 1510 écrivains estimés au Québec (répondant aux critères de l'UNEQ et ayant publié au moins deux livres). Tous les sujets y passent: profil socio-économique, revenu (d'écriture), la relation entre le temps de travail et les revenus, la formation des écrivains. Or, ce qui ressort de l'étude, c'est une typologie des profils d'écrivains, établie à partir des revenus artistiques et autres caractéristiques sociodémographiques et professionnelles. Ainsi, on présente six types d'écrivains:
1. L’écrivain en début de carrière (environ 14 % des écrivains à l'étude) Arrivé assez récemment dans le milieu littéraire, il partage son temps entre l’écriture et un autre travail.
2. L’écrivain à « double vie » (environ 35 %) qui consacre la plus grande part de son temps à un autre travail dont il tire principalement ses revenus. C’est le sous-groupe le plus nombreux.
3. Le littéraire (environ 27 %). Titulaire d’une maîtrise ou d’un doctorat en lettres. Il se consacre entièrement à la création littéraire. Ce profil regroupe le quart des écrivains.
4. L’écrivain de vocation (environ 12 %) Cet écrivain à temps plein vit de son art sans toutefois connaître de grands succès financiers. Il est autodidacte (n’est pas titulaire d’un diplôme universitaire en lettres).
5. L’écrivain de deuxième carrière (environ 9 %) Cet écrivain est retraité et perçoit une rente qui lui permet de se consacrer à son art.
6. L’auteur à succès (4 %) Cet écrivain connaît le succès et peut compter sur de bons revenus tirés de ses droits d’auteur et de diverses activités liées aux lettres. C’est le sous-groupe le moins nombreux.
Bien que je n'entre pas officiellement dans la population à l'étude, n'étant ni ni membre de l'UNEQ et n'ayant pas encore publié d'autre livre, pour moi, l'exercice de comparaison est amusant et instructif. Ainsi, même si je suis assez nouvellement arrivée dans le milieu littéraire (comme le type 1), je fais partie du type 2, soit l'écrivain à double vie. En effet, mon temps va essentiellement à l'enseignement dont découle la totalité (ou presque!) de mon revenu. Par ailleurs, je constate que, malgré les idées reçues, les femmes sont en plus faible proportion parmi les écrivains que les hommes qui représentent 55%, et que je fais partie des 22% des écrivains de moins de 45 ans. Comme 2/3 des écrivains en 2008, j'ai fait moins de 5000$ de revenus liés à l'écriture. Et, comme 81% des écrivains, je suis diplômée universitaire...
Alors quoi? Si on se fie au vieux dicton: "Quand on se regarde, on se désole, quand on se compare, on se console?" Bof. Peut-être un peu...
Si le sujet vous intéresse:
OBSERVATOIRE QUÉBÉCOIS DE LA CULTURE ET DES COMMUNICATIONS DU QUÉBEC, Les écrivains québécois. Portrait des conditions de pratique de la profession littéraire au Québec, 2010. Québec, 2011, 84 pages.
Commentaires sur Les six vies de l'écrivain
- Une apparition!Tiens bonjour! Quel plaisir de te voir réapparaître. Je m'ennuyais de tes réflexions depuis avril 2011. Même silence sur "l'autre blogue".

J'étais légèrement préoccupé.
Je me suis informé et on m'a dit que tu prenais le temps de vivre. Tant mieux.
Alors, si tu reviens, je reviendrai aussi
À la prochaine












6 types d'écrivains... très intéressant ! J’aime bien votre blogue, je reviendrai vous visiter. Bonne continuité.