tabouretCes jours-ci, la classe de 3e année de mon fils travaille un module sur les genres littéraires. Comme mon Pinpin est très fier d’avoir une mère romancière (ça fait chaud au cœur!), il a convaincu sa professeure de m’inviter pour aller parler de l’écriture de romans à ses amis. Pour faire plaisir à mon fils, j’ai accepté de rencontrer sa classe mercredi matin, en pleine tempête de neige printanière.

Disons que j’étais assez ambivalente. Comment intéresser des enfants à un univers qui ne leur est pas destiné? Comment leur parler d’un livre qu’ils n’ont pas lu?

À mon arrivée dans la classe, un tabouret m’attendait. Je m’y suis installée, et j’ai fait face à une vingtaine de petits visages souriants, intéressés, éveillés. À la demande de leur professeure, les élèves avaient préparé des questions à me poser et, une heure durant, j’ai affronté le feu nourri de leur curiosité.

Mais avant de plonger, c’est moi qui les ai questionnés. Que savaient-ils du « roman », en tant que genre littéraire? Que pouvaient-ils m’en dire? Eh bien, à travers toutes les mains levées, beaucoup de bons éléments de réponse, dont celui du « problème ». Dans un roman, il y a un problème à résoudre. Oui. Et parfois, du « mystère ».

Ah!

J’étais lancée. J’ai appelé à la rescousse J.K. Rowling et Harry, pour illustrer cet aspect du « problème-mystère », ce qui fait qu’on a envie de lire, de lire et de lire… d’avancer dans une histoire. Oui. Qu’est-ce qui nous appelle plus loin, sinon ce mystère à découvrir? Pourquoi la cicatrice? Pourquoi ses parents sont-ils morts?... Tant de choses à découvrir au fil des pages… Donc, pour l’auteur, tout le défi est là : donner envie au lecteur d’avancer dans notre propre livre.

Oui. Mais c’est moi qui allais bientôt être prise d’assaut par les questions. Bien sûr, personne n’avait lu Enthéos. Donc en dehors d’une question générale sur l’histoire de mon roman et sur la signification du titre, j’ai eu droit à un bel interrogatoire, remuant en moi bien des questionnements des derniers mois.

-Avez-vous vécu des moments de découragement?

Bien sûr! J’ai l’impression de ne faire que ça de ma vie, lutter contre le découragement! L’important, c’est de ne pas y céder. Et de trouver la source qui nous fait avancer. Écrire pour le plaisir.

 - Quelle est votre source d’inspiration?

Ah! Eh bien, l’univers des études anciennes. Que j’aimerais enseigner plus que ce que j’arrive à faire. Ressusciter les Anciens. Leur culture. Et tisser des liens avec ces racines qui sont nôtres.

Pourquoi écrire des livres, si vous avez un autre travail que vous aimez?

Bonne question. Peut-être parce qu’enseigner ne me permet pas de me réaliser pleinement? Que l’écriture m’apporte autre chose dont j’ai besoin. Et ce, même si ça ne débouche pas toujours sur un livre publié.        

 - Quel est le titre de votre prochain livre?

Si je me fie à ce que j’ai vécu pour Enthéos, le titre sera trouvé vers la fin du processus d’édition. Pour l’instant, je peux simplement dire que le document sur lequel je travaille s’intitule Orphée.

- Pourquoi ça finit mal, votre livre?

Mmmm… Est-ce que le fait de faire mourir un de mes personnages principaux fait qu’il s’agit d’une mauvaise fin? La mort, c’est la fin qui nous attend tous. C’est comme ça que se terminera l’histoire de notre vie. Le problème, donc, ce n’est pas de mourir. C’est de mourir sereinement. D’être satisfait du chemin parcouru. D’avoir vécu une belle histoire. Je ne considère pas qu’Enthéos finit mal. Surtout que mon personnage principal a changé, intérieurement. Et comme l’a résumé avec un brin de bouffonnerie un ami de mon fils : « L’important, c’est de finir sa vie avec panache! »

Oui. On peut dire ça!