Soleil d'encrier: réflexions littéraires diverses de Julie Gravel-Richard

Réflexions et impressions de l'auteur Julie Gravel-Richard sur l'écriture, l'inspiration, la littérature québécoise et étrangère... et sur l'Art et la Vie.

19 juin 2009

La "relève" littéraire

EnfantEcrivantSurBureauHier, j'ai assisté à l'échange sur la relève littéraire organisé par l'Institut canadien, mais plus particulièrement dans le cadre du programme Première ovation en arts littéraires.

Premier constat sur la vingtaine de participants: la plupart provenaient du milieu universitaire, c'est-à-dire que (selon mon estimation au pif) les deux-tiers étaient des étudiants en création littéraire de l'université Laval qui terminaient une maîtrise, avec l'oeuvre qui vient avec, en bout de ligne (roman, pour une majorité). Autre constat: plus de gars que de filles. À vue de nez, un tiers/deux tiers. Six personnes avaient déjà publié dans une maison d'édition reconnue (nouvelles, poésie et roman).

La rencontre a débuté par la présentation de la Maison de la littérature et du programme Première ovation en arts littéraires. Il a été question des services qu'offrirait la Maison, mais aussi du profil des auteurs de la région de Québec et des métiers d'avenir liés à l'écriture (la plupart étant reliés aux nouvelles technologies).

Dans la région, en 2005, seuls 7.6% des auteurs étaient âgés de moins de 44 ans, comparativement à 54.6% des auteurs montréalais. Ce qui veut dire que les jeunes partent massivement vers Montréal (ici, pas de surprise...). Comment donc garder les jeunes auteurs à Québec? C'est là-dessus qu'on souhaitait nous entendre.

Le programme Première ovation en arts littéraires présente plusieurs volets: mentorat, classes de maîtres, activités de formation sur le métier d'écrivain, promotion et diffusion de la relève littéraire et prêt de ressources techniques. Or, LA grande question fut tout de suite soulevée: qu'entend-on par "relève"?

Qu'est-ce que la relève? Est-ce lié à l'âge de l'auteur? Par exemple, le mentorat s'adressera aux moins de 35 ans (tant pis pour moi...). Mais un auteur qui écrit une première oeuvre passé cet âge ne fait-il pas partie de la "relève"? Et comment compte-t-on les oeuvres? En poésie, un poème= une oeuvre? En nouvelle aussi? Parle-t-on de recueil, alors? Ou si chaque publication dans une revue sera considérée?

Des propositions ont été faites. Comme celle d'avoir publié deux livres pour être considéré comme en "mi-carrière". Car une seule oeuvre publiée peut aussi relever d'un coup de chance. Le fait de récidiver établissant une certaine expérience.

Et puis, en bout de ligne, je me suis rendu compte qu'il y a un clivage entre ceux qui aspirent à devenir écrivain et à publier et ceux qui ont passé cette étape. Beaucoup de questionnements trouvent leur réponse quand on vit un processus d'édition et de diffusion.

Maintenant, moi, comment me vois-je? Comme la "relève"? Pas hier, en tout cas! Je me sentais comme une "vieille de la vieille", à écouter des jeunots oscillant entre le rêve et la désillusion. En voyant que les programmes ne m'incluaient pas vraiment. Et qu'en plus, comme 60% des auteurs, ce n'est pas écrire qui me permet de gagner ma vie, mais un autre emploi.

Bref, une rencontre qui m'a permis d'avoir un son de cloche d'un milieu que je ne connais pas beaucoup. Et de voir comment s'enlignait ce très beau projet de Maison de la littérature.

L'illustration vient d'ici.

Posté par Julie GravelR à 10:50 - Les mots pour le dire - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Plume de puissance en acte

Quel chemin tu as parcouru!

Des doutes de l’écriture (qui ne partent vraiment jamais, signes d’une vraie écrivaine selon moi) aux soucis de l’édition, te voilà maintenant bien engagée dans cet univers de mots et de sens.

Un élan créateur qui au travers toi ne veut pas s’essouffler et qui cherche constamment à s’actualiser, à se réaliser.

Bravo!

Posté par Périn, 19 juin 2009 à 12:08

Un chiffre qui me surprend " comme 60% des auteurs, ce n'est pas qu'écrire qui me permet de gagner ma vie" ... j'aurais plutôt placé le chiffre à 90 % ou 95 %.

N.B. : Quand je clique sur l'illustration, ça ne me donne pas son contexte (l'auteur peut-être), je continue d'avoir le seul dessin sous les yeux. Y a-t-il quelque chose à y comprendre ?

Posté par Venise, 19 juin 2009 à 23:53

Perin: Bah. On dira "bravo" après quelques autres publications. Je ne m'en sens pas prête ces temps-ci. Je ne file pas "bravo" pantoute.

Venise: Je pense que le 60% s'explique parce que les métiers connexes à l'écriture sont comptés comme étant "vivre de l'écriture", ce qui inclut la rédaction professionnelle, la correction, etc. Même moi, quand j'étais rédactrice technique, avant d'enseigner dans mon domaine, je pouvais dire que je vivais de l'écriture. Bref, on me payait pour écrire. En ce qui concerne l'illustation, c'est seulement un enfant qui écrit. Le lien n'était pas clair?

Posté par Julie GravelR, 20 juin 2009 à 11:28

Le chemin des mots ne fait que débuter!

Étant un témoin privilégié de ton parcours littéraire, crois-moi, tu mérites bravo et acclamations à foison!

Quelques fois, il faut prendre une pause, regarder derrière nous pour apprécier le chemin parcouru.

Posté par Périn, 20 juin 2009 à 13:46

Là, le lien vers l'enfant qui écrit est maintenant clair. Merci. Je suis une fouineuse de lien d'images. D'ailleurs, je me suis promis d'établir ces liens plus systématiquement sur Le Passe-Mot.

Posté par Venise, 20 juin 2009 à 23:29

Venise: Tu as raison. Les liens vers les images et la source de nos informations devraient apparaître systématiquent. Le problème, pour les images en tout cas, c'est que trop souvent les images qu'on prend quelque part ont été prises ici et là sur la Toile. Leur vraie origine est parfois perdue.

Posté par Julie GravelR, 21 juin 2009 à 09:29

Un jour, j'ai reconnu dans le journal la photo d'une sympathique serveuse du café Temporel du Vieux-Québec. La jeune intellectuelle était vraiment intéressante. On parlait de tout et de rien, entre un plat et l'autre.

Nous étions sensiblement du même âge. Elle occupait ce poste à titre de gagne-pain au cours de la saison froide. Et moi j'adorais ce café aux murs de carton servant de haut lieu aux grands esprits de la Ville. Depuis, la belle Chrystine Brouillet en a fait du chemin et des livres, itou.

Posté par Anne (Gerdel), 27 juin 2009 à 06:48

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